Histoire de la gauche caviar, Laurent Joffrin, Robert Laffont, Paris, 2006

Eléments biographiques officiels



Maître Robert Badinter, l'avocat des assassins

Ancien sénateur socialiste, ancien ministre socialiste de la Justice, ancien président socialiste du Conseil constitutionnel, professeur de droit privé, avocat d'affaires et pénaliste, essayiste, ami notamment de maître Jean-Denis Bredin, et époux de la philosophe socialiste, et féministe, Elisabeth Bleustein-Blanchet.

Défenseur à Troyes, en 1972, de Roger Bontemps (affaire Buffet/Bontemps dite encore affaire des assassins de la centrale de Clervaux, un gardien et une infirmière de la centrale égorgés), il ne peut le sauver de la guillotine, et doit assister à son exécution, une assistance particulièrement traumatisante pour lui ; mais, revanche, toujours à Troyes, il sauve de la guillotine, en 1977, l'assassin d'un enfant de 7 ans, le jeune délinquant de 22 ans Patrick Henry.
Ministre de la Justice en 1981 il obtient de son ami, le président socialiste François Mitterrand la suppression de la peine de mort en France (peine rétablie au Etats-Unis en 1976).

Auteur de nombreux ouvrages, notamment : L'Exécution, Grasset, Paris, 1973 ; Liberté, libertés, Gallimard, Paris, 1976 ; Vous avez dit fascismes ? Montalba, Paris, 1984 ; Un antisémitisme ordinaire Vichy et les avocats Juifs (1940-1944), Fayard, Paris, 1998 ; Libres et égaux ... : L'émancipation des juifs sous la révolution française 1789/1791, Fayard, Paris, 2000 ; Condorcet, un intellectuel, en politique 1743/1794 (avec son épouse, la grande féministe Elisabeth Badinter), Fayard, Paris, 2000 ; Une autre Justice : Contributions à l'histoire de la Justice sous la Révolution Française 1789/1799, Fayard, Paris, 2000 ; L'abolition, Fayard, Paris, 2000 ; Le plus grand bien ..., Fayard, Paris, 2004 ; Le livre des droits de l'homme, BD, Gallimard Jeunesse, Paris, 2005.

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Janvier 2016 : Contre la déchéance des terroristes ; l'Arabie Saoudite exécute 47 terroristes à la fois, protestations shi'ites, modération occidentale

Décembre 2015 : Après Cyril Hanouna contre le Front National
Juin 2015 : La Haute Conscience de la Haute Gauche Caviar attaque hard le droit du travail français

Novembre 2014 : Le défenseur ultra-caviar des assassins est à fond pour les gays

Septembre 2011 : Me Badinter fête les 30 ans
Mai 2011 : Défense de DSK
Février 2011 : Le grand défenseur des délinquants attaque violemment le grand défenseur des victimes

Juillet 2010 : Le grand défenseur des délinquants attaque "la guerre contre la délinquance" du Président Nicolas Sarkozy

Janvier 2009 : Chine, peine de mort dans l'affaire du lait contaminé (300 000 victimes)

30 mai 2007 : Chine, peine de mort pour le patron corrompu de l'agence de médicaments

20 avril 2006 : Le grand bourgeois socialiste contre une réforme populaire de la justice
31 mars 2006 : Le défenseur de l'assassin Patrick Henry veut faire améliorer la détention pénitentiaire
24 janvier 2006 : Dix hauts criminels demandent le rétablissement de la peine de mort

21 août 2001 : Pour la guerre ?
28 septembre 2001 : Justice pour Ben Laden

1
La République n'est pas seulement un régime politique. Elle est un idéal, une culture et une conviction. L'idéal, c'est celui des "immortels principes de 1789", la liberté et l'égalité confondues avec la Nation dont elles sont à la fois le message et le symbole. La culture, c'est celle que l'on enseigne à tous les niveaux de l'Ecole républicaine, de la communale à Normale supérieure, de l'instituteur de campagne au professeur à la Sorbonne. La conviction, c'est la foi dans le progrès scientifique et technique, la marche au bonheur de l'humanité s'accomplissant irrésistiblement par le triomphe de la raison, de l'instruction et de la tolérance.
La Prison républicaine, 430 p., Fayard, Paris, 1992, p. 387.

2
Quand on regarde l'histoire de la justice, ce que l'on constate c'est que l'épuration n'est pas un phénomène occasionnel, que l'épuration rythme en quelque sorte cette histoire de la magistrature française. L'on retrouve dans cette succession d'épurations, le rythme des grandes crises politiques de la France. ... Ainsi il y a des épurations qui s’avancent à visage découvert. C’est le cas si on le veut, en 1848, au moins dans les premiers mois, c’est aussi le cas de certaines épurations appelées, réclamées par la conscience collective comme ce fut le cas en 1944-1945. Mais d’autres prennent aussi des traits plus dissimulés (limitation des effectifs en 1883, abaissement de l’âge de la retraite, suspension et non renomination).
Introduction, p. 8 et Conclusion, pp. 163-164, in Association française pour l’histoire de la Justice, L'épuration de la magistrature de la Révolution à la Libération, Loysel, Paris, 1994.

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Après la victoire, la justice

Il est bien improbable que Ben Laden tombe vivant entre les mains de ses ennemis. Lui-même aurait fait son choix : plutôt finir comme Hitler dans son bunker que prisonnier de ses ennemis. Mais aussi ténue soit-elle, la chance de voir Ben Laden capturé vivant existe et l'arrestation de certains de ses complices est vraisemblable. La question de leur jugement se pose donc avec acuité. Et la réponse revêt une portée morale et juridique considérable.

A cet égard, le président George W. Bush et son gouvernement paraissent avoir pris leur décision. Le président Bush a signé, le 15 novembre, en sa qualité de commandant en chef des armées, une décision autorisant le jugement par des tribunaux militaires spéciaux des auteurs présumés des attentats terroristes du 11 septembre et de leurs complices.

Le secrétaire d'Etat à la défense, Donald Rumsfeld, nommerait les membres de ces tribunaux et déciderait des règles de procédure applicables, notamment du niveau de preuves considéré comme suffisant pour déclarer l'accusé coupable. Ces tribunaux militaires ne seraient pas tenus de respecter les garanties que la Constitution et la loi américaines reconnaissent aux accusés. Ceux-ci pourraient être des membres d'Al-Qaida ou toute personne "impliquée dans des actes de terrorisme international susceptibles d'affecter les Etats-Unis, ses citoyens, la sécurité nationale ou l'économie", ainsi que tous ceux qui les auraient abrités sur le territoire des Etats-Unis. Il appartiendrait au président Bush de décider lui-même quels accusés seraient jugés par ces tribunaux d'exception. Ils pourraient être établis aussi bien sur le territoire des Etats-Unis qu'à l'étranger. Et aucune voie de recours devant les juridictions américaines ordinaires n'est prévue à l'encontre de leur décision.

Comme il est inconcevable qu'un citoyen américain puisse être privé, même sous l'accusation de terrorisme, des droits fondamentaux que la Constitution des Etats-Unis lui reconnaît devant la justice de son pays, ces juridictions militaires d'exception seraient réservées aux seuls étrangers. Selon le vice-président Dick Cheney, "ils ne méritent pas les mêmes garanties et les mêmes protections que celles dont bénéficierait un citoyen américain devant la justice américaine".

Pour justifier pareil bouleversement, l'attorney général John Ashcroft a déclaré : "Il est important de savoir que nous sommes en guerre à présent." Et il a invoqué, comme précédent, le recours, en 1942, à une juridiction militaire spéciale pour juger huit saboteurs nazis qui avaient débarqué en Floride et à New York avec des explosifs destinés à la destruction d'édifices militaires et civils. La Cour suprême n'avait pas annulé le verdict et six des condamnés avaient été exécutés.

Mais, en 1942, la guerre avait été déclarée par le Congrès des Etats-Unis, à la demande du président Roosevelt, contre l'Allemagne, le Japon et leurs alliés, et des pouvoirs exceptionnels avaient été conférés à l'exécutif par le Congrès. Aujourd'hui, c'est sans avoir consulté le Congrès que George W. Bush, en sa qualité de chef suprême des forces armées, a décidé la création de ces juridictions d'exception.

Déjà, bien des juristes, des hommes politiques, des éditorialistes américains se sont élevés contre le recours éventuel à de tels tribunaux. Ils ont relevé les graves atteintes aux droits constitutionnels des suspects et l'intervention directe de l'exécutif dans l'ordre judiciaire.

Les terroristes d'Al-Qaida, et d'abord leur chef sont des criminels, auteurs d'attentats d'une ampleur meurtrière sans précédent. Perpétrés par une organisation, dans le dessein de répandre la terreur dans les populations civiles, ces actes atroces constituent des crimes contre l'humanité, selon la définition qu'en donne le traité de Rome de 1998 créant la Cour pénale internationale. Ils constituent aussi, par leur nature, des crimes de droit commun : meurtres innombrables, détournements d'avion, incendies volontaires causant la mort d'autrui.

Les auteurs de ces crimes relèvent de la justice américaine, parce que leurs actes ont été commis aux Etats-Unis et que les victimes sont en majorité des ressortissants américains. Et les juridictions civiles américaines sont naturellement compétentes pour juger ces criminels.

Alors, pourquoi cette volonté d'éviter que Ben Laden et ses complices soient traduits devant elles ? Le gouvernement américain invoque la nécessité d'une prompte justice. Mais il s'agit de rendre une bonne justice, non de procéder, comme dans un western, à un simulacre de jugement suivi d'une exécution immédiate. Veut-on interdire un procès public, de crainte de voir l'audience se transformer en une tribune pour la propagande des islamistes ? Ils disposent de bien d'autres relais pour faire entendre leur voix et celle de leurs partisans. Serait-ce parce que le gouvernement américain redouterait de ne pas disposer de preuves établissant la culpabilité des accusés ? Mais que serait une justice qui condamnerait sans preuves suffisantes un accusé, et l'exécuterait ensuite, sinon la négation de l'Etat de droit dont les Etats-Unis se proclament les zélateurs ?

En faisant juger à huis clos des terroristes accusés par un tribunal militaire d'exception, sans les garanties légales requises, les Etats-Unis altéreraient la portée morale de leur victoire sur Ben Laden et ses complices. Puisque le président Bush et ses proches se réfèrent à l'action du président Roosevelt, qu'ils méditent sur son attitude à l'encontre des chefs nazis. Leurs crimes étaient sans commune mesure avec ceux imputés aux terroristes d'Al-Qaida. Ils avaient semé la destruction et la mort dans l'Europe entière. Leurs victimes se comptaient par millions.

Au plus fort de la guerre, Staline avait souhaité que, aussitôt appréhendés, les chefs nazis fussent exécutés sur place. Franklin Roosevelt, inspiré par le grand juriste américain Jackson, voulut, avec l'assentiment de Churchill, que les responsables des crimes nazis fussent traduits en justice. Plus d'un demi-siècle après le procès de Nuremberg, tous les hommes de liberté se réjouissent que les pires ennemis de l'humanité aient été jugés selon les principes du droit. Puissent les Etats-Unis auxquels la liberté doit tant se souvenir que le bénéfice moral d'une victoire peut disparaître si le vainqueur cède à la tentation d'une vengeance brutale, camouflée sous une parodie de justice.
par Robert Badinter, lemonde.fr | 28.11.01 | 12h40 | point de vue

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(21 août 2001) L'angoisse et la paix

ILS s'appelaient Raya, Itzhak et Hemda. Ils avaient 14 ans, 4 ans, 2 ans. Ils sont morts avec leur père Moti et leur mère Tsira. Tous les cinq ont été tués par la bombe qui a explosé dans la pizzeria Sbarro au coeur de Jérusalem, à l'heure du déjeuner. Leur grand-père, un vieux juif hollandais rescapé d'Auschwitz, était venu en Israël parce qu'il ne pouvait plus supporter de vivre en Europe. Il ne lui reste que les souvenirs et la mort comme horizon.

Une bombe n'explose pas toute seule. Il faut la main des hommes pour la fabriquer et déclencher l'explosion. A Jérusalem, le tueur portait sur lui la ceinture d'explosifs. Il s'était transformé en bombe vivante. Le suicide de l'assassin n'efface rien à l'horreur du crime. Qu'il s'anéantisse avec eux donne la mesure de son fanatisme.

J'entends la réponse : les enfants palestiniens meurent aussi. Point n'est besoin de kamikaze pour tuer. Les balles perdues et les missiles aveugles suffisent. La haute technologie n'empêchera jamais la mort de frapper au-delà de la cible. Tous les Palestiniens se sont reconnus dans le petit garçon terrorisé, blotti contre son père, le long d'un mur à Gaza, qui va mourir frappé d'une balle perdue israélienne. Cette image-là a fait le tour du monde. Celle des corps déchiquetés de Raya, Itzhak et Hemda n'a pas connu pareille diffusion. Mais pour les Israéliens, ces enfants assassinés incarnent le malheur d'Israël.

Nul ne saurait demeurer indifférent aux morts et aux souffrances du peuple palestinien. Pour ma part, je souhaite depuis longtemps qu'il connaisse une vie paisible dans un Etat indépendant. Juif du XXe siècle ayant traversé, jeune adolescent, les ténèbres de la guerre et de l'Occupation, j'ai vu naître, au travers d'épreuves inouïes, l'Etat d'Israël. Il en va des peuples comme des humains.

Les premiers jours de leur vie et ceux qui précèdent leur naissance sont lourds de conséquences pour leur sensibilité et leur avenir.

Or Israël est le fruit de la plus tragique histoire. Les peuples arabes rappellent avec raison qu'ils ne portent pas la responsabilité de la Shoah. Ce crime sans pareil contre l'humanité s'inscrit en lettres de sang dans l'histoire européenne. Dès l'origine, le projet sioniste a pris corps parce que dans les premières décennies du 20e siècle l'antisémitisme n'avait cessé de régner en Europe jusqu'à l'apocalypse nazie. Les vagues d'immigrants en Palestine depuis le début du 20e siècle succèdent aux persécutions. Le « foyer juif » promis par Lord Balfour pendant la première guerre mondiale répond à cette aspiration d'un peuple si éprouvé à trouver, sur la terre dont les écritures disent qu'elle lui fut promise, un refuge, un lieu de paix et d'enracinement.

On sait ce qu'il advint de cette promesse d'un « foyer juif » du temps du mandat britannique. Sur la terre de Palestine, les immigrants en petit nombre rencontrèrent l'hostilité de ceux qui s'y étaient établis avant eux. A croire que seuls les juifs n'avaient pas le droit de vivre en Terre sainte ! Après la guerre, lorsque les survivants de la Shoah se comptèrent, l'élan fut irrésistible qui poussa les plus engagés d'entre eux vers la Palestine. Si les autorités anglaises s'y opposèrent, c'est d'abord parce que les peuples arabes de la région ne voulaient pas d'un Etat hébreu parmi eux. On a trop oublié dans quelles conditions fut arrachée la reconnaissance de l'Etat d'Israël, là où d'ailleurs n'avait jamais existé d'Etat palestinien. Cet Etat hébreu était l'expression non pas de l'impérialisme colonial, comme certains le disent aujourd'hui, mais de la tragique condition qu'avait souffert à travers les siècles un peuple dispersé et toujours persécuté. Israël est né de la Shoah. Il ne faut jamais l'oublier. Non parce que les Israéliens ou les juifs seraient devenus des créanciers moraux du monde jusqu'à la fin des temps. Mais parce qu'on ne peut rien comprendre à l'Israël d'aujourd'hui si on ne prend pas en compte cette vérité : Israël est né d'une angoisse de mort comme aucun peuple n'en a connue à ses origines.

Or cette angoisse-là, elle ne l'a jamais quitté. Il faut rappeler à ceux qui aujourd'hui mettent l'accent sur les exactions et les crimes commis par les activistes sionistes lors de la guerre de 1948 que, dès la proclamation de l'Etat d'Israël, toutes les puissances arabes, ses voisins, ont proclamé la guerre sainte et juré sa destruction. Si le sort des armes n'en avait pas décidé autrement, si les Israéliens avaient succombé sous le nombre et le poids de leurs ennemis coalisés, il n'y aurait jamais eu d'Etat d'Israël.

Après un demi-siècle écoulé et tant de campagnes victorieuses, les Israéliens demeurent convaincus en majorité que les peuples arabes autour d'eux veulent en définitive l'anéantissement de l'Etat d'Israël. Sentiment absurde, disent les esprits raisonnables. Tsahal est la première armée de la région. Israël jouit de l'appui inconditionnel des Etats-Unis, superpuissance du monde et gardien ultime de l'ordre international. Aucune menace sérieuse ne pèse donc sur l'avenir d'Israël, hormis son impuissance à résoudre le problème palestinien. Mais là est précisément le coeur du problème. La plupart des Israéliens sont prêts aux plus importantes concessions pour obtenir une paix réelle pour eux et leurs enfants. Mais la paix n'est acquise réellement que lorsque les adversaires ont renoncé en eux-mêmes à la volonté d'abattre l'autre. La seule paix durable, c'est celle du coeur et de l'esprit. A défaut, il n'y a que des armistices entre deux guerres.

Or cette paix-là, cette paix spirituelle sans laquelle rien ne sera acquis au Proche-Orient, nombre d'Israéliens aujourd'hui demeurent convaincus quelle est hors de leur portée. A lire les manuels d'histoire palestiniens, à écouter les discours à usage interne des leaders, à entendre les cris de haine des plus violents d'entre eux, les Israéliens ressentent que c'est bien la destruction d'lsraël que leurs adversaires veulent. Rien ne leur paraît, à cet égard, avoir changé depuis l'époque où les chefs des Etats arabes s'unissaient pour envahir et détruire le minuscule Etat qui venait de naître. A ce sentiment-là, chaque attentat terroriste donne une intensité nouvelle. La mort des victimes, au-delà de la souffrance des parents, résonne dans tout Israël comme le glas de l'espérance de paix. Elle fait renaître cette angoisse existentielle qui n'a jamais cessé depuis la naissance d'Israël, enfant des pogromes et de la Shoah. A quoi bon rendre les territoires, abandonner les colonies de peuplement, reconnaître à Jérusalem-Est le statut de capitale de l'Etat palestinien, indemniser les réfugiés palestiniens, à quoi bon tant de concessions et de renoncements si l'on n'atteint pas le but : la paix, la vraie paix, celle des âmes. Le recours à la force qui assure le statu quo permet au moins de rassurer pour un moment les esprits. Jusqu'au prochain attentat, jusqu'au prochain mort. La douleur renaît alors, et la colère, et la fureur. Et la riposte vient qui sème à son tour la mort de l'autre côté, en attendant la prochaine bombe de kamikaze qui lui fera écho.

Devant pareil désastre, les hommes de paix s'interrogent sur les moyens de mettre un terme à cette violence toujours sanglante, toujours stérile. Mais tous les efforts demeureront vains s'ils ne prennent pas en compte cette donnée psychologique essentielle : le sentiment angoissé des Israéliens qu'en définitive, pour leurs ennemis, tout accord n'est qu'une étape vers la réalisation de leur objectif ultime : la destruction d'Israël. Sans doute il incombe aux Israéliens de mettre un terme, sans différer, aux souffrances et aux humiliations subies par les Palestiniens. Mais il appartient à ceux-ci et à leurs alliés de mesurer enfin que, aussi longtemps que demeurera vivant au coeur des Israéliens la conviction que leurs adversaires veulent la mort de l'Etat hébreu, rien ne sera possible.

Au moment décisif, l'homme d'Etat sait que c'est à l'imagination et au coeur qu'il faut s'adresser pour donner à l'histoire un cours nouveau. Le génie de Sadate fut de l'avoir un jour compris. Son exemple, hélas, paraît aujourd'hui oublié.
PAR ROBERT BADINTER, lemonde.fr, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 21 Août 2001, point de vue

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(24 janvier 2006) Dix détenus réclament la peine de mort

Dix prisonniers de la centrale de Clairvaux, condamnés à perpétuité, demandent dans une lettre commune le rétablissement de la peine capitale.
Leur argument : "Nous préférons en finir une bonne fois pour toutes que de nous voir crever à petit feu".

Dix détenus de la centrale de Clairvaux (Aube), tous condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité, ont écrit pour en appeler "au rétablissement effectif de la peine de mort" pour eux-mêmes.

"Assez d'hypocrisie! Dès lors qu'on nous voue en réalité à une perpétuité réelle, sans aucune perspective effective de libération à l'issue de notre peine de sûreté, nous préférons encore en finir une bonne fois pour toutes que de nous voir crever à petit feu, sans espoir d'aucun lendemain après bien plus de 20 années de misères absolues", soulignent-ils. "Nous, les emmurés vivants à perpétuité du centre pénitentiaire le plus sécuritaire de France (...), nous en appelons au rétablissement effectif de la peine de mort pour nous", écrivent les détenus.

La lettre a été signée par dix hommes qui précisent le temps qu'ils ont passé en prison, de 6 à 28 années: Abdelhamid Hakkar, André Gennera, Bernard Lasselin, Patrick Perrochon, Milivoj Miloslavjevic, Daniel Aerts, Farid Tahir, Christian Rivière, Jean-Marie Dubois et Tadeusz Tutkaj.

La centrale de Clairvaux, qui accueille environ 170 détenus qui purgent de longues peines, est l'une des prisons au régime carcéral le plus sévère en France. Peu après la décision de revenir à la stricte obligation de fermeture des portes des cellules en journée, une mutinerie avait éclaté le 16 avril 2003. Un gardien avait été pris en otage et menacé d'un cutter, une dizaine de surveillants pris à partie et quelque 80 détenus avaient incendié des ateliers. Interrogée par l'AFP, la direction de l'établissement a indiqué qu'elle ignorait par quel biais cette lettre était sortie de la prison.
LCI, news, Créé le 24 janvier 2006, Mis à jour le 24 janvier 2006 à 16h25

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L'Exécution, Grasset, Paris, 1973, Livre de Poche n° 3454.

1
A trois heures, le réveil sonna. J'étais allongé dans l'obscurité, ma femme près de moi. Nous nous taisions, depuis longtemps. Je me levai. J'usai les minutes à des préparatifs, à des gestes apaisants de ménagère. Je fis couler un bain brûlant, je mis de l'eau sur le feu. Je me rasai longuement. Je choisi avec soin un complet sombre, une chemise pâle, une cravate unie. C'était dérisoire, et cependant, je ne pouvais m'empêcher de penser qu'il fallait faire honneur à Bontems, qu'il fallait s'habiller avec respect pour voir un homme mourir, que c'était une politesse nécessaire. Je me demandais à l'instant si on allait lui rendre son pantalon, sa chemise, pour qu'il aille à la mort dans ses vêtements, et non dans le hideux costume pénitentiaire. Quand je fus prêt, j'allai à la fenêtre. J'ouvris les rideaux. Pas un bruit ne montait de l'avenue. Les réverbères luisaient dans la nuit. Il avait dû pleuvoir.
L'Exécution, Livre de Poche n°3454, pp. 209-210

2
Mais l'administration veillait. Bientôt cinq heures. Il fallait faire vite. Le directeur, courtoisement, me prit à part. Il y avait un problème. Lequel donc? Qui allait-on exécuter en premier? Buffet ou Bontems? Une voix à côté de moi suggéra Buffet. Il y était préparé, il n'y aurait pas d'histoires. Je dis au directeur que j'allais en parler avec mes amis. C'était à nous de choisir. Nous nous retirâmes dans le couloir. Je posai la question. L'accord se fit aussitôt. Buffet attendait la mort. Bontems la grâce. Buffet ne pouvait fléchir. Quelle serait la réaction de Bontems ? Il fallait donc pour lui que l'attente soit la plus brève possible, que les choses aillent vite, très vite. Bontems passerait le premier. Je rapportai notre décision au directeur de la Santé. Il me regarda, parut préoccupé, mais ne dit rien. Peut-être avions-nous empiété sur la prérogative du bourreau, ou bien était-il choqué que ce soit les avocats qui décident du tour de mort de leurs clients? Nous étions au-delà de ces délicatesses. Nous avions gagné quelques minutes de moins à vivre pour Bontems. C'était notre succès, le seul.
Ibidem, p. 214

3
Bontems revient vers nous. Nous reprîmes encore une fois notre marche. Devant la porte vitrée, celle qui ouvrait sur la cour, une chaise était posée. Devant elle, nous nous arrêtâmes. Le gardien-chef, qui avait donné la cigarette, s'approcha, une bouteille à la main. C'était du cognac, Bontems accepta, vida le gobelet d'un seul trait. «Il est bon », remarqua-t-il. Le surveillant dit «Oui» en regardant la bouteille. Et puis, à partir de cet instant, tout alla très vite. Le bourreau s'approcha. Bontems lui appartenait totalement enfin. Les aides, en bleu de chauffe, entourèrent Bontems. Il fut assis sur la chaise, ligoté, redressé, on tirait sur les liens à coups secs. Philippe lui parlait, il hochait la tête. Il fut empoigné. Philippe l'étreignit, je l'embrassai à mon tour. Déjà on l'entraînait. Je tendis la main vers lui, vers cette épaule nue, mais il était happé, emporté. La porte s'ouvrit. Philippe laissa échapper une plainte, la seule. Je me détournai. Nous entendîmes le claquement sec de la lame sur le butoir. C'était fini. ...

De l'autre côté du boulevard Arago, j'aperçus ma femme qui venait vers moi. Je lui ai sûrement souri. Nous avons échangé quelques mots. Nous sommes partis aussitôt. Ma femme conduisait doucement. Les rues étaient vides, comme moi. J'essuyai la glace de mon gant. Il n'y avait plus rien à faire, à dire. C'était fini, voilà tout, fini l'affaire Bontems.
Ibidem, pp. 218-219, p. 220

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L'abolition, Fayard, Paris, 2000

1
Un lendemain d'exécution

Le matin qui suivit l'exécution de Buffet et Bontems à la maison d'arrêt de la Santé, le 24 novembre 1972, je pris le train pour Amiens. J'enseignais, à l'époque, à l'université de Picardie. Je pensais que l'accomplissement de la tâche ordinaire, les rythmes et les rites de la vie quotidienne pourraient apaiser l'angoisse de mort qui m'étreignait. Mais l'espoir d'échapper, même un moment, à ce qui était arrivé la nuit précédente était vain. Je perçus aussitôt, dans le regard d'un collègue rencontré dans le wagon, une lueur de curiosité ambiguë pour le témoin d'un événement exceptionnel et ignominieux. Il y avait là comme un appel à la confidence dont je me détournai. Les étudiants m'accueillirent dans un silence absolu. Tout au long de ces heures où j'exposai d'une voix blanche les règles des procédures de faillite, je sentis qu'ils s'attachaient à déchiffrer, derrière ce masque livide, ce que pouvait éprouver cet aîné, leur professeur, cet avocat vaincu qui avait vu ce que nul d'entre eux, pensaient-ils, ne verrait jamais.
L'abolition, pp. 11-12

2
La France découvrit un jeune homme aux traits quelconques, portant des lunettes, s'exprimant avec facilité. Il multipliait les interviews, dînait avec des journalistes, les accompagnait dans des établissements de nuit. À la télévision, à la radio, il déclarait d'un ton calme: « C'est vraiment moche de s'attaquer à des enfants. Je souhaite qu'on puisse retrouver l'enfant vivant et, bien sûr, qu'on arrête ses ravisseurs. » Le 4 février, au lendemain du jour où Mme Bertrand avait lancé à la télévision son bouleversant appel aux ravisseurs, le garde des Sceaux, Jean Lecanuet, avait, dans une émission vedette à la télévision, réclamé une «sévérité exemplaire» à l'encontre des auteurs de rapts et de prises d'otages. «Pour ces criminels qui sont des calculateurs odieu.x, qui n'ont aucun respect de la vie, avait déclaré le ministre, j'irai jusqu'à recommander la peine de mort!. » Interrogé à ce sujet par un journaliste, le 14 février, Patrick Henry approuvait: « Moi, je suis pour la peine de mort dans ces cas-là. On n'a pas le droit de s'attaquer à la vie d'un enfant. »
Ibidem, pp. 46-47

3
La courte vie de Patrick Henry avait été médiocre. L'interrogatoire la rendait suspecte. À l'école, il redouble des classes. Aide-cuisinier dans un hôtel de La Bourboule, il dérobe deux mille francs dans un placard. De retour à Troyes, employé dans un restaurant, il emprunte, un soir, la voiture de son patron et provoque un accident. Travaillant dans une cantine du Crédit agricole, il soustrait huit cents francs à un collègue. Puis il vole un chèque à un client, le remplit à son ordre, tente de l'encaisser. Arrêté, il est condamné à quinze mois de prison avec sursis. Il quitte la restauration pour la représentation commerciale, ouvre un petit magasin. Il fait des dettes. À entendre le président s'attarder sur ses larcins ou ses médiocres arnaques, l'on voyait poindre le vieux dicton populaire: «Qui vole un œuf vole un bœuf.» Quel rapport, cependant, entre une minable tentative d'escroquerie et le rapt et le meurtre d'un enfant? Patrick Henry expliqua que l'idée du kidnapping lui était venue en lisant dans la presse le récit de l'enlèvement d'un riche héritier. Pour sa libération, sa famille avait accepté de verser une grosse rançon en se gardant de prévenir la police. Cette histoire crapuleuse d'un crime réussi avait fasciné Patrick Henry! Mais ce qui ressortait de son récit des faits, c'était son incapacité à mesurer le caractère chimérique de son action. Agissant seul, donnant son adresse véritable au propriétaire du studio, n'ayant rien prévu pour le cas où la police serait alertée par les parents, son entreprise criminelle était vouée à l'échec. Comme tout ce qu'il avait tenté jusque-là.
Ibidem, pp. 96-97

4
De ces moments, à Troyes, dans la salle de la cour d'assises où je plaidai pour Patrick Henry, demeure vivante en moi cette impression singulière que je ne défendais pas seulement la vie de Patrick Henry, mais à nouveau celle de Bontems. Tout ce que je n'avais pas su dire pour lui jaillissait à présent pour cet autre, assis derrière moi. «Le mort saisit le vif », dit un vieux brocard. Ce jour-là, dans ce box, derrière moi, l'un était devenu l'autre. Sans doute l'avocat général, en prononçant le nom de Bontems dans son réquisitoire, avait-il rouvert cette plaie de culpabilité que je portais, secrète, en moi. Et, puisqu'il én avait parlé, j'en parlai à mon tour.

Je rappelai la guillotine et le rituel de mort derrière les hauts murs, sous le dais noir. Et, calmement, je dis que, si Patrick Henry était condamné à mort, nous irions, Bocquillon et moi, cette nuit-là, avec l'abbé Clavier, à la Santé. Mais l'avocat général, lui, n'était pas venu voir mourir Bontems et Buffet.

Je me tournai alors vers les jurés, cherchai leur regard. Je ne voulais pas les perdre, pas une seconde. Je leur dis qu'ici, c'étaient désormais eux et lui, l'accusé, qui étaient seuls en cause. Je leur dis que, quand l'avocat général demandait la peine de mort, c'était à eux, ensuite, qu'il laisserait la responsabilité de la décision. Il n'y aurait pas de cassation, parce qu'il n'y avait pas de motifs de cassation. Il n'y aurait pas de grâce, puisque le Président avait fait exécuter Christian Ranucci. Je leur dis qu'ils étaient donc seuls, seuls à décider de la vie ou de la mort de ce garçon assis là, dans ce box; que c'était un moment unique dans leur existence, qui les engagerait pour le restant de leurs jours.

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Je reposai la lettre. J'étais au bout de mes forces. Il fallait conclure. Debout à la barre, comme si, à travers tant d'années écoulées, résonnait encore en moi la voix de mon vieux maître Henry Torrès, dans un ultime élan de passion j'évoquai l'évêque de Troyes, Mgr Fauchet, et l'exigence du pardon pour qui croit en Dieu. Et, pour celui qui ne croit qu'en ce monde, je dis ma foi en l'homme, toujours susceptible de changer, de s'améliorer, de s'élever. Je m'arrêtai un instant. Je pris le regard des jurés, l'un après l'autre. Je m'entendis leur dire: «Si vous votez comme Monsieur l'avocat général vous le demande, je vous le dis, le temps passera, c'en sera fini du tumulte, des encouragements, vous demeurerez seul avec votre décision. On abolira la peine de mort, et vous resterez seul avec votre verdict, pour toujours. Et vos enfants sauront que vous avez un jour condamné à mort un jeune homme. Et vous verrez leur regard! »
Je me tus. Les jurés me fixaient toujours. Certains s'efforçaient de dissimuler leurs larmes. Nous restâmes face à face dans le silence. Je me rassis. Je ne pouvais plus rien pour Patrick Henry.

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Élisabeth m'avait rejoint. L'inquiétude troublait son regard. Je n'en pouvais plus de cette salle. Nous sortîmes, retrouvâmes Bocquillon. Il était gris d'anxiété. Je lui dis combien j'avais aimé sa plaidoirie. «Tu te moques de moi! Je leur ai raconté n'importe quoi » Je le quittai, descendis l'escalier dérobé, gagnai le sous-sol grillagé, là où l'on gardait l'accusé pendant les suspensions d'audience. J'y retrouvai Patrick Henry. Je m'assis près de lui comme je m'étais assis naguère, là même, auprès de Bontems. Il me remercia presque chaleureusement. Je lui dis combien, pour les parents Bertrand, mais aussi pour lui, il était essentiel qu'il eût enfin demandé leur pardon. Mais pouvaient-ils pardonner à celui qui avait tué leur enfant? Nous échangeâmes encore quelques mots. Je sentais renaître l'angoisse qui m'avait tenaillé avant de plaider. Je le quittai et remontai vers la salle des pas perdus, les voix, la vie.

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Dans le brouhaha qui suivit, on perçut les mots: «Réclusion criminelle à perpétuité.» On entendit un cri : c'était la mère de Patrick Henry. Lui avait porté la main à ses lèvres. Il paraissait abasourdi. L'assistance était debout. Le président, après avoir rappelé le public au silence, ajouta: «Patrick Henry, la Cour a fait preuve à votre égard d'une grande mansuétude. Puissiez-vous ne pas la décevoir. Nous comptons sur vous.» Patrick Henry murmura : «Je vous remercie, vous n'aurez pas à le regretter. »Je me laissai tomber sur mon banc. J'étais vidé. Je savais seulement que je ne retournerais pas dans la cellule des condamnés à mort.
Ibidem, pp. 115-116, 118, 120, 121-122

05
Retour de Troyes

Au retour, ma vie reprit son cours ordinaire. À notre cabinet, je fus accueilli par des transports d'amitié. François Binet, qui avait assumé plus que son lot d'épreuves, tenait conférence à la bibliothèque et racontait aux plus jeunes collaborateurs, avec un luxe de détails, les péripéties de la grande bataille. Au-delà de la fatigue qui maintenant m'accablait, j'éprouvais l'indicible soulagement de savoir que je ne retournerais pas à la Santé visiter Patrick Henry dans la cellule des condamnés à mort. Au fond de moi-même, depuis un an, j'avais vécu avec cette obsession, la refoulant de mon mieux. J'étais libéré de cette angoisse-là. Aussi goûtais-je des moments heureux.
Ibidem, p. 127

06
Le délibéré fut long, très long: plus de deux heures. Minuit était passé lorsque la Cour revint. Les jurés nous regardaient bien en face. À la question décisive, celle portant sur les tortures, la réponse était non. Bodin était sauvé. La Cour lui reconnaissait des circonstances atténuantes. Il était condamné à la réclusion à perpétuité. Un silence absolu régnait dans la salle. Bodin remercia la Cour de quelques mots confus.

Très vite, nous prîmes congé du président et des assesseurs. Je revins dans la salle des assises, déserte à présent, où m'attendait ma femme. Les portes du palais étaient fermées. Nous errâmes à travers le bâtiment jusqu'à ce que le concierge nous désignât une sortie dérobée. La robe d'avocat jetée sur un bras, la serviette à la main, nous paraissions, dans la nuit, une petite troupe d'acteurs quittant un théâtre après la représentation. Nous soupâmes dans une brasserie proche où flottait une odeur de moules et de vin blanc. Comme toujours, après la tension de la journée la fatigue m'accablait. Nous parlions peu. La tête de Bodin était sauve. C'était tout ce qui importait.
Ibidem, pp. 158-159

07
L'huissier reparut qui annonça d'une voix forte: « Monsieur le Président de la République ». Le silence se fit. François Mitterrand, suivi du Premier ministre, fit le tour de la table, serrant la main de chacun, presque cérémonieusement. Il avait son visage officiel, courtois mais réservé. Arrivé à ma hauteur, il me dit les propos aimables que les circonstances appelaient. Pierre Mauroy fut plus chaleureux, comme à son ordinaire. Le tour achevé, le Président et le Premier ministre gagnèrent leur place. Le Conseil des ministres commença. Pourquoi ne l'avouerais-je pas? Je n'en revenais pas de me trouver là, dans le saint des saints de la République. Ce n'était pas un sentiment de bonheur qui m' envahissait, mais d'étonnement. J'eus une pensée fugitive pour mon père, Simon, l'enfant du ghetto russe, l'étudiant pauvre qui rêvait de la Révolution et aimait tant la République française. Mais déjà, François Mitterrand prenait la parole.
Ibidem, pp. 285-286

08
Dans mon incertitude, je considérais que, faute de pouvoir émouvoir mes auditeurs, il me fallait au moins éviter de heurter leurs convictions. Là où les sénateurs attendraient un discours passionné, je leur présenterais un exposé méthodique des raisons d'abolir la peine de mort en France à la fin du xxe siècle. Sachant l'attachement des sénateurs libéraux ou centristes à la construction européenne, je décidai de mettre l'accent sur la dimension européenne de l'abolition. Je revenais de la réunion annuelle des ministres de la Justice des États membres du Conseil de l'Europe. J'avais retrouvé là mon ami Broda, ministre autrichien de la Justice, grand résistant au nazisme et infatigable militant de l'abolition. Il m'avait interrogé sur la situation en France. Je lui avais annoncé que l'abolition serait votée dans les prochaines semaines. Il m'avait demandé d'en faire l'annonce à nos collègues. À leurs applaudissements chaleureux, j'avais mesuré combien notre attachement à la peine de mort paraissait archaïque en Europe, comme la guillotine qui en était le symbole.
Ibidem, p. 310

09
Plus que dans les discours qui se succédaient à la tribune, je percevais, lors des suspensions de séance, une animation singulière dans les couloirs et les salons velours et or du Sénat. De petits groupes animés se formaient, se défaisaient, des conciliabules se tenaient dans les embrasures. La buvette, haut lieu de la tradition républicaine, bruissait de rumeurs. De singulières affinités réunissaient des adversaires politiques qui partageaient les mêmes convictions sur l'abolition. La liberté de vote étant assurée, je voyais renaître en ces heures la République parlementaire de jadis, avec ses jeux et ses délices. Je comprenais la fascination qu'elle avait exercée sur de grands leaders politiques tels Pierre Mendès France, François Mitterrand ou Edgar Faure. Pour que la passion règne au Parlement, encore faut-il que le résultat soit incertain, et l'enjeu important. Ces deux conditions étaient réunies ce jour-là lors du débat sur l'abolition au Sénat.
Ibidem, pp. 312-313

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Robert BADINTER : repères biographiques

30 mars 1928 : Naissance à Paris de Robert Badinter, fils de Simon Badinter, émigré de Russie, fourreur, et de Charlotte Rosenberg
1951-1981 : Avocat à la Cour d’Appel de Paris. Comme avocat, il défendit nombre de criminels passibles de la peine de mort dans des procès qui marquèrent l’opinion publique au cours des années 70: Roger Bontems, Patrick Henry, Michel Bodin, Mohamed Yahiaoui, Michel Rousseau, Jean Portais, Norbert Garceau.
A partir de 1966 Professeur agrégé des Facultés de Droit de Dijon (1966), de Besançon, d’Amiens (1969), de l’Université de Paris I-Panthéon-Sorbonne (1974), professeur émérite (1996)
1971 : Entre au parti socialiste, lors du Congrès d’Epinay
1981-1986 : Garde des Sceaux, Ministre de la Justice (deuxième et troisième gouvernements de M. Pierre Mauroy) Au cours de ces années, il obtient l’abolition des lois d’exception : la suppression de la Cour de sûreté de l’Etat, celle des tribunaux permanents des forces armées, puis l’abolition de la loi " anti-casseurs " et la modification de la loi " sécurité et liberté " ; la réforme la plus marquante reste cependant l’abolition de la peine de mort. Il dirigea également la Commission de la réforme du Code pénal.
1986-1995 : Président du Conseil Constitutionnel
24 septembre 1995 : Elu Sénateur des Hauts-de-Seine. S’inscrit au groupe socialiste du Sénat Président de la Cour de Conciliation et d’Arbitrage au sein de la Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe
1998 : Président du Comité de célébration du cinquantenaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme
1999 : Membre du Comité d’éthique du Comité international olympique

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(31 mars 2006) Des Etats généraux pour la prison
Robert Badinter a donné mardi 7 mars le coup d'envoi d'une vaste consultation du monde judiciaire et carcéral.

L 'ex-ministre de la Justice Robert Badinter a donné mardi 7 mars le coup d'envoi d'une vaste consultation du monde judiciaire et carcéral, y compris des détenus, qui donnera lieu à des "Etats généraux de la condition pénitentiaire" afin qu'une réforme de la prison soit "une priorité". "Nous piétinons" depuis des années malgré des rapports très critiques sur la situation des prisons, a estimé l'ancien ministre socialiste lors d'une conférence de presse, d'ou l'idée de lancer à la veille des échéances électorales de 2007 un vaste débat "pour libérer la parole" sur la condition carcérale et "interpeller chacun des candidats".

Le résultat de ces Etats généraux, qui auront lieu en octobre à Paris, sera "une injonction à agir pour les responsables politiques de ce pays", a renchéri Gabriel Mouesca, président de l'Observatoire international des prisons (OIP), à l'origine de cette initiative soutenue par dix associations et syndicats.

La parole aux détenus

Originalité de cette consultation, la parole sera donnée aux détenus, par le biais de questionnaires disponibles à partir du 31 mars.

L'Union syndicale des magistrats (majoritaire), le Syndicat de la magistrature (gauche), le Syndicat des avocats de France (SAF), le Conseil national des barreaux (CNB), le FNUJA (jeunes avocats), la Ligne des droits de l'homme, la CGT pénitentiaire, le SNEPAP (travailleurs sociaux), la FNARS (associations de réinsertion) et Emmaüs sont parties prenantes à cette opération.
NOUVELOBS.COM | 31.03.06 | 11:30

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(Avril 2006) Réforme de la justice.
La mauvaise potion du docteur Clément, par Robert Badinter

Associer des citoyens jurés aux magistrats pour décider d'un maintien ou non en détention provisoire? On croit rêver!

L'affaire d'Outreau a suscité une défiance sans précédent à l'égard de l'institution judiciaire. On attendait donc avec intérêt l'audition du garde des Sceaux devant la commission d'enquête parlementaire. Rarement propos plus décevants en cette période de crise auront été tenus sur la justice.

Il ne s'agit pas aujourd'hui, comme le garde des Sceaux l'a suggéré, de "redéfinir tous ensemble les principes fondamentaux de la justice". Ils existent déjà dans la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dont la Cour européenne des Droits de l'Homme garantit le respect.
Ce que l'affaire d'Outreau a mis en lumière, ce sont des maux structurels: mépris de la présomption d'innocence, régime de la garde à vue, abus de la détention provisoire. Or à tous égards, le garde des Sceaux s'est montré résolument conservateur.
La procédure d'instruction est maintenue pour l'essentiel.

Il est bien prévu le regroupement des juges d'instruction en pôles pour favoriser la cosaisine dans les affaires graves ou complexes. Mais la co-saisine existe déjà dans les textes. Elle n'est que le succédané timide de la loi de 1985 créant de véritables chambres de l'instruction réunissant de façon permanente trois juges, pour qu'ils travaillent en équipe, permettant aux plus jeunes de se former au contact des anciens et assurant aux justiciables la garantie d'une collégialité permanente qui briserait la solitude du juge d'instruction.

Le statu quo demeure aussi s'agissant de la présence de l'avocat lors de la garde à vue. Tant que l'on n'aura pas admis le principe qu'un avocat doit être présent lors de toute audition, une garantie fondamentale de la liberté individuelle fera défaut. L'enregistrement audiovisuel des auditions ne suffIra pas à dissiper les zones d'ombre qui persistent dans ce domaine sensible.

Reste la question essentielle: la détention provisoire.
Un tiers de la population carcérale en France relève de cette catégorie. Les innocents d'Outreau ont ensemble cumulé des dizaines d'années de détention provisoire. Aucune réparation pécuniaire ne pourra compenser ces souffrances inutiles. Or que propose le ministre comme remède à ce mal si enraciné dans la pratique judiciaire que quatorze réformes en vingt ans n'ont pas réussi à le réduire? Un gadget procédural : associer deux citoyens jurés aux juges de la liberté et de la détention pour décider d'une éventuelle remise en liberté des détenus à titre provisoire.
On croit rêver! Cette formation collégiale n'aurait pas compétence pour prendre la décision initiale, celle du placement en détention. Cette participation occasionnelle d'échevins à des procédure qui affectent directement la liberté individuelle soulève les plus vives interrogations.

D'ordre constitutionnel, d'abord, puisque la composition de la juridiction appelée à se prononcer sur la détention provisoire varie selon la nature de la décision à prendre. D'ordre historique, ensuite. Jamais il n'a été envisagé de confier à des citoyens la mission de décider du maintien en détention provisoire de détenus en cours de procédure.
C'est toujours à des magistrats qu'a incombé cette responsabilité essentielle.Je rappelle d'ailleurs que, s'agissant de la cour d'assises, si une demande de liberté est formée par un accusé, c'est aux seuls magistrats de la Cour, à l'exclusion des jurés, qu'il appartient de statuer. Alors pourquoi cette singulière proposition? Faute de magistrats disponibles, il est apparu commode de recruter des citoyens pour assurer une forme inédite de collégialité épisodique à peu de frais.

Au-delà de l'effet d'annonce, prétendre lutter contre le fléau des détentions provisoires par cette innovation bizarre est un leurre. Car comment croire que des citoyens tirés au sort, ignorant la complexité du dossier d'instruction, seront plus enclins à libérer une personne placée en détention que le juge seul? La valeur ajoutée des échevins dans ce domaine paraît nulle. Au pis, leur présence réduira encore le nombre des mises en liberté, si forte est la pression sécuritaire qu'exerce l'opinion publique dans ce domaine.

De surcroît, la difficulté et le coût de la mise en œuvre d'une telle réforme seraient considérables. C'est par milliers que les décisions en matière de détention provisoire sont prises chaque année. La sélection de ces échevins, leur mise en place, l'indemnisation de leurs frais constitueraient une charge nouvelle pour une institution judiciaire si pauvre en moyens. Pour quels résultats?

Souhaitons que la commission parlementaire écarte cette suggestion du garde des Sceaux.

Après l'affaire d'Outreau, les choses ne peuvent demeurer en l'état. il faut maintenant de l'audace et des avancées fortes. Nous attendons avec intérêt les conclusions des parlementaires. A partir de celles-ci s'engagera le véritable débat. . R. B.
Le Nouvel Observateur, 20-26 avril 2006, pp. 52-53

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Mort prescrite en Chine pour remédier aux produits infectés
Peine capitale pour le patron corrompu de l'agence de médicaments.
Par Pascale NIVELLE, Libération, QUOTIDIEN : mercredi 30 mai 2007, p. 11

L'ancien directeur de l'agence chinoise des médicaments et des produits alimentaires a été condamné à mort hier à Pékin, pour «corruption et manquement à son devoir». Ce jugement rarissime ­ le précédent remonte à l'année 2000 pour un fonctionnaire de ce rang ­ intervient dans un contexte qui ne pouvait être plus défavorable à l'accusé. Alors que la Chine, depuis quelques semaines, est débordée par les affaires de faux médicaments et d'aliments empoisonnés, Zheng Xiaoyu, 62 ans, était soupçonné d'avoir touché 620 000 euros en contrepartie d'autorisations de mise sur le marché de produits non vérifiés et parfois dangereux.

Bébés affamés.

Sous son règne, de 1998 à 2005, des dizaines de personnes sont mortes, assure l'agence Chine nouvelle, du fait de faux antibiotiques ou de produits alimentaires non conformes. Le cas le plus douloureux est la mort de treize nouveau-nés de la province de l'Anhui en 2004, affamés par un lait en poudre qui n'avait aucune valeur nutritionnelle. L'affaire la plus récente, qui a fait l'objet d'un scandale aux Etats-Unis, est l'exportation d'aliments, mortels, pour animaux. Infectées à la mélanine, produit utilisé pour fabriquer de la colle et des assiettes en plastique, les croquettes et pâtées made in China auraient tué des centaines d'animaux domestiques américains. Les juges, enhardis par les exhortations de Hu Jintao à lutter contre la corruption, les contrefaçons et autres infractions à la loi, ont manifestement voulu faire un exemple.

La liste des morts ne s'est cependant pas interrompue avec l'arrestation de Zheng Xiaoyu en 2005. Hier encore, on apprenait qu'une dizaine de patients hospitalisés à Zhongshan (Sud) avaient succombé à l'injection de faux médicaments contaminés. Selon les avocats des familles qui ont porté plainte, ces produits contenaient la même molécule mortelle que le sirop contre le rhume qui aurait déjà tué au moins une centaine de personnes au Panamá en 2006. Ce sirop, selon le New York Times qui a révélé l'affaire, était fabriqué dans le Jiangsu, une province du Nord-Est, et contenait du glycol de diéthylène, solvant utilisé dans la production d'antigel. Il était exporté dans des emballages marqués «99,5 % glycérine». Ce même glycol de diéthylène aurait été retrouvé dans des pâtes dentifrices exportées au Panama et en République dominicaine. Se méfier des tubes Excel, Mr. Cool ou Cool Junior au goût fraise ou chewing-gum, interdits depuis sur le continent américain.

Pas un jour ne passe outre-Atlantique sans que la presse ne révèle la découverte de sauce soja aux cheveux humains, d'anguilles nourries aux pilules contraceptives, de seiches à l'encre de Chine, de champignons aux pesticides, de poissons-chats aux antibiotiques... Selon la presse américaine, 257 produits douteux en provenance de Chine auraient été saisis par les douanes le mois dernier. China Daily , organe d'Etat, a reconnu hier que «56 % des produits standard exportés aux Etats-Unis par la Chine n'étaient pas en accord avec la réglementation américaine sur la qualité».

Grand nettoyage.

Face à cette avalanche mortelle pour son commerce extérieur, le gouvernement multiplie les annonces rassurantes depuis début mai, annonçant un grand nettoyage de son industrie agro-alimentaire. Hier, la presse officielle a indiqué que tous les producteurs et distributeurs, qu'ils soient chinois ou étrangers, devront bientôt se soumettre à une loi instaurant le retrait du marché des produits «potentiellement dangereux ou non approuvés». Ce système, en discussion depuis 2002, devrait entrer en application avant la fin de l'année. D'ici là, des inspections vont débuter dans une quinzaine de provinces chinoises.

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Sécurité: Robert Badinter dénonce une "faute politique" de Nicolas Sarkozy 02/08/10 18:44 nouvelobs.com

PARIS (AP) — L'ancien garde des Sceaux Robert Badinter a dénoncé lundi sur France-Inter une "faute politique" de Nicolas Sarkozy après son discours sur la sécurité, vendredi à Grenoble, dans lequel le chef de l'Etat a souhaité que des "personnes d'origine étrangère" puissent être déchues de leur nationalité en cas d'atteinte à la vie d'un gendarme ou d'un policier.

Le sénateur socialiste, ancien président du Conseil constitutionnel, a rappelé "l'article Ier de la Constitution qui est celui que chacun doit toujours conserver en tête, s'il est un Républicain" et qui "assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine".

"Le principe que nous devons conserver en mémoire, c'est que tous les Français, tous les Français, sont égaux devant la République, devant loi quelle que soit leur origine", a-t-il martelé. "Qu'est ce qu'on veut faire? On veut faire des discriminations, contre les Français au regard de même crimes, de mêmes infractions, selon l'origine de la personne, selon les modalités d'acquisition de la nationalité française".

Pour Robert Badinter, c'est "contraire à l'esprit républicain", mais aussi une "faute politique". En effet, a-t-il expliqué, "le coeur du problème, nous le savons tous, c'est le sentiment de certains de ces Français que M. Sarkozy appelle d'origine étrangère de demeurer quel que soit leur carte d'identité des étrangers dans la nation". AP

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Badinter: Sarkozy a porté "une terrible accusation" contre les magistrats Publié le 12.02.2011, 08h03 liberation.fr

Le sénateur socialiste et ancien garde des Sceaux Robert Badinter reproche à Nicolas Sarkozy, dans un entretien à Libération samedi, d'avoir porté "une terrible accusation" contre les magistrats qui explique la fronde, selon lui inédite, de ce corps. | Bertrand Guay 22 réactions Réagir

Le sénateur socialiste et ancien garde des Sceaux Robert Badinter reproche à Nicolas Sarkozy, dans un entretien à Libération samedi, d'avoir porté "une terrible accusation" contre les magistrats qui explique la fronde, selon lui inédite, de ce corps. "Quand le président de la République déclare +Il y a faute+, cela signifie que des magistrats ont été des facilitateurs du crime. C'est une terrible accusation contre des magistrats dont la mission est précisément de poursuivre des criminels", explique Robert Badinter.

Policiers condamnés: Hortefeux persiste et signe, Mercier défend son pré carréLoppsi 2: Le Sénat fait entendre sa différence sur les mesures sécuritaires "Une fronde comme celle-là, je n'en ai jamais connu", poursuit-il, ajoutant: "Les propos de Nicolas Sarkozy ont été l'étincelle. Mais la poudre était accumulée depuis longtemps." L'ancien ministre de la Justice exprime par ailleurs son rejet d'un durcissement de la justice des mineurs qui "doit demeurer une justice à part, avec des juges et des éducateurs spécialisés".

Robert Badinter se montre également très réticent à l'idée d'introduire des jurés populaires en correctionnelle: "Nicolas Sarkozy oublie l'essentiel: juger est un métier qui demande un savoir et une expérience."

"Cet appel à des jurés en correctionnelle est une forme de défiance à l'encontre des magistrats, trop laxistes aux yeux du président", selon lui.

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DSK:"mise à mort médiatique" (Badinter) AFP Mis à jour le 17/05/2011 à 12:33 | publié le 17/05/2011 à 12:33 lefigaro.fr

S'abonner au Figaro.fr L'ancien ministre de la Justice, Robert Badinter, a dénoncé aujourd'hui sur France Inter "une mise à mort médiatique" de Dominique Strauss-Kahn aux Etats-Unis. "Ce que j'ai vu, le spectacle de cet homme mal rasé, le visage défait, exhibé, mitraillé par les photographes, c'est une mise à mort médiatique", a déclaré le sénateur socialiste. Interrogé sur les images de Dominique Strauss-Kahn diffusées hier, l'ancien ministre de la Justice s'est dit "bouleversé et indigné" par cette "tragédie".

Il a dénoncé "l'exibition, provoquée, organisée par la police américaine de Dominique Strauss-Kahn sortant de garde à vue"."C'est honteux, ça n'a rien à voir avec la justice", a-t-il ajouté, parlant de "destruction délibérée". Badinter a fustigé l'attitude de la justice américaine : "La justice américaine, les Américains pensent que c'est la première du monde. Ce n'est pas celle que je porterai au podium".

Il déplore également le traitement réservé au directeur général du FMI et aurait "aimé l'égalité des armes" entre "l'accusatrice" et "le présumé innocent" : "On dit +c'est la justice égale pour tous+. Plaisanterie, dérision! En vérité, quand Strauss-Kahn est là assis au milieu des autres, il est ravalé délibérement au rang de dealer". "Où est l'égalité des chances quand en effet l'accusatrice dit 'je suis la victime' et qu'on la protège et DSK répond 'je plaide non coupable', et on l'accable ?", a-t-il plaidé.

Robert Badinter voit dans ces évènements la "défaillance d'un système entier". Après avoir rappelé que les procureurs et les chefs de la police américains étaient élus, il a ajouté : "évidemment, par rapport au public, montrer qu'on traite ainsi un homme puissant et considérable en présence d'une victime qui, elle, est de condition très modeste, électoralement, c'est payant".

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17.09.2011 nouvelobs.com MAUREPAS. Couple de retraités torturé: un suspect en garde à vue

ENQUÊTE. Il était aux environs de 20h30, ce 2 septembre, quand ce couple de septuagénaires a été retrouvé, sans vie, par les pompiers, à Maurepas (Yvelines).

Des pompiers qui, en pénétrant dans cette maison, découvrent dans le salon, Gilbert, 72 ans, et Marie-Louise, 77 ans, baignant dans leur sang, rappelle BFM TV. Le mari est ligoté à un meuble avec du fil de fer. Son épouse gît à ses côtés.

La maison a été entièrement fouillée.

L’autopsie révélera que les deux retraités ont été torturés, la veille de leur découverte par les secours. Selon une source judiciaire, "ils ont été piqués à plusieurs reprises avec la pointe d’un couteau, avant d’être égorgés".

Des actes de torture pour obtenir la carte bancaire du couple.

Une carte bancaire qui a été utilisée à plusieurs reprises, le jour où Gilbert et Marie-Louise ont été découverts.
C’est grâce à l’utilisation de cette carte bancaire que les enquêteurs de la direction régionale de la police judiciaire de Versailles sont remontés jusqu’au suspect.
Cet homme de 32 ans a été interpellé, vendredi soir, à Orly, alors qu’il arrivait d’un vol en provenance d’Alger (Algérie). Il a été placé en garde à vue.

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SNCF : le contrôleur poignardé est entre la vie et la mort Par D.H. le 06 octobre 2011 à 19:00 tf1news

Il a été blessé jeudi dans le train Lyon-Strasbourg de huit coups de couteau. L'agresseur a été placé en garde à vue. L'agression a suscité une vive émotion parmi les cheminots et des arrêts de travail perturbaient fortement le trafic jeudi soir.

Son agression entraînait jeudi soir de fortes perturbations sur une grande partie du réseau après un arrêt de travail spontané des cheminots (lire notre article > Contrôleur SNCF agressé : le trafic très perturbé). Le contrôleur de la SNCF poignardé jeudi par un déséquilibré dans le train Lyon-Strasbourg était dans la soirée entre la vie et la mort, selon une porte-parole de la direction régionale Est de la SNCF. Agé de 54 ans, le contrôleur a été blessé de huit coups de couteau, deux à la tête, deux à l'abdomen, un au flanc et trois au bras, selon un communiqué de la SNCF. Il a été transporté par hélicoptère au centre hospitalier régional et universitaire de Besançon.

L'auteur présumé des coups est présenté par la SNCF comme un "déséquilibré". "Informé qu'il allait être verbalisé", l'individu se serait tailladé les poignets avec un couteau, avant d'agresser le contrôleur, pendant qu'un collègue évacuait les passagers vers une autre voiture. L'agresseur a été remis aux gendarmes en gare de Cleval, à une quarantaine de kilomètres au nord-est de Besançon, et placé en garde à vue. Le parquet a ouvert une enquête pour tentative de meurtre aggravé. Selon une source proche de l'enquête, le suspect n'avait pas encore été formellement identifié jeudi soir, mais il portait sur lui une carte bancaire au nom d'un homme de 27 ans originaire de Mulhouse, déjà condamné à quatre reprises pour des violences et des outrages.

Le président de la SNCF, Guillaume Pepy, a condamné dans un communiqué cet "acte odieux", exprimant "son indignation face à cette grave agression". Il s'est rendu à Besançon dans l'après-midi. La ministre de l'Ecologie, du Développement durable et des Transports Nathalie Kosciusko-Morizet et son collègue en charge des Transports Thierry Mariani ont aussi fait part de leur soutien à la victime, à ses proches et aux "11.000 contrôleurs qui exercent leur métier dans les trains, parfois dans des conditions difficiles". Ce genre d'agression est extrêmement rare. En juillet 2004, un contrôleur avait été grièvement blessé par un voyageur sans billet qui lui avait porté un coup de couteau à la nuque à bord d'un TER à Metz. En février 1999, un autre contrôleur avait été blessé à une main par un coup de couteau à Chalon-sur-Saône. Par D.H. le 06 octobre 2011 à 19:00

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17 novembre 2014 Mariage homosexuel. Sarkozy sème l'émoi Le Télégramme - Plus d’information sur http://www.letelegramme.fr/france/mariage-homosexuel-sarkozy-seme-l-emoi-17-11-2014-10426703.php

Le revirement de Nicolas Sarkozy sur la loi Taubira sur le mariage homosexuel, dont il souhaite désormais « l'abrogation », a suscité, hier, un flot de réactions. La gauche accuse l'ancien président de céder à la frange la plus radicale de l'UMP, et certains à droite parlent même de « manoeuvre électorale ».
Sa déclaration fait du bruit dans la sphère politique. Invité, samedi, à un débat par Sens Commun, une association née au sein de l'UMP dans le sillage de la Manif pour tous, Nicolas Sarkozy a employé, pour la première fois, le terme d'« abrogation » de la loi Taubira sur le mariage homosexuel. « La loi Taubira devra être réécrite de fond en comble », a d'abord lancé l'ancien président. Interrompu par les huées de la foule qui scandait « Abrogation ! Abrogation ! », Nicolas Sarkozy a alors lâché : « Si vous préférez qu'on dise abroger la loi Taubira pour en faire une autre... En français, ça veut dire la même chose (...) Mais enfin, si ça vous fait plaisir, franchement, ça coûte pas très cher. »

En déplacement en Australie, François Hollande a refusé, hier, de « commenter » ce revirement, cantonnant son prédécesseur à l'Élysée à sa « campagne interne » à l'UMP pour se situer, lui, dans « l'apaisement » et le « consensus ». Mais dans l'Hexagone, ce glissement lexical a suscité de vives critiques.
Le PS a ainsi accusé l'ancien chef de l'État de « flatter les instincts les plus réactionnaires de sa base militante », et ce, à 15 jours de l'élection pour la présidence de l'UMP. C'est un « coming out homophobe », a dénoncé Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. Il a jugé que Nicolas Sarkozy avait « cédé » à des militants de l'« ultra droite ».

« C'est un propos absurde et aberrant dans la bouche d'un homme politique de cette expérience », a fustigé, hier soir, l'ancien garde des Sceaux, Robert Badinter.

Côté gouvernement, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a raillé l'ancien président, estimant que « lorsqu'on a des convictions, on fait en sorte que la foule s'y rallie, on n'épouse pas les convictions de la foule ». « Méfiez-vous... »

À l'UMP, déjà divisée sur cette question, les réactions ont également fusé.
Pour Hervé Mariton, lui aussi candidat à la présidence du parti, ce revirement de Nicolas Sarkozy est tout sauf improvisé. « C'est une manoeuvre électorale pour me siphonner des voix », a déclaré cet opposant résolu au mariage homosexuel.
L'ex-président se distingue, dans le même temps, d'une partie des ténors UMP, qu'il s'agisse du favori des sondages pour 2017, Alain Juppé, converti, lui, au mariage et à l'adoption pour les couples homosexuels, ou de l'ancien Premier ministre, François Fillon, qui a répété, hier soir, sa position : abrogation impossible « pour des raisons juridiques », mais réécriture partielle.
Quant au troisième candidat à la présidence de l'UMP, Bruno Le Maire, il a appelé à ne « pas traiter les Français comme autant de clientèles ». Parler d'abrogation, « c'est mentir aux Français », a renchéri Franck Riester, l'un des deux seuls députés UMP à avoir voté la loi Taubira.

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L’ancien garde des sceaux Robert Badinter et le professeur de droit du travail Antoine Lyon-Caen déplorent la complexité croissante de la législation du travail. Dans « Le Travail et la loi », à paraître le 17 juin chez Fayard, ils proposent d’en refonder les principes afin de rétablir la confiance des acteurs sociaux pour mieux lutter contre le chômage.

Par Robert Badinter et Antoine Lyon-Caen PUBLICITÉ

Le texte que nous présentons dans Le Monde procède d’un constat. Le chômage n’a cessé de croître en France depuis quatre décennies. Un million de chômeurs de plus pendant le précédent quinquennat, un demi-million depuis le début de l’actuel quinquennat. Le chômage en France frappe 3,53 millions de personnes, auxquelles s’ajoutent 1 800 000 personnes en activité réduite. Chiffres terribles quand on les compare à la population active en France, soit 29 millions de personnes. Et si l’on considère qu’au-delà de ceux qui sont personnellement atteints, l’angoisse de perdre son emploi pour les aînés et de n’en pas trouver pour les jeunes est présente chez beaucoup de Français, le chômage apparaît tel qu’il est : un cancer de la société française.

On ne peut reprocher aux gouvernements successifs d’être restés inertes face au mal. On ne compte plus les modifications du droit du travail ni les formes multiples d’aides accordées aux entreprises pour qu’elles conservent ou recrutent des salariés. En vain, à ce jour.

Parmi les éléments négatifs qui contribuent à cet échec collectif, il en est un fréquemment dénoncé : la complexité...

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Régionales : Robert Badinter appelle à faire barrage au FN dans le Nord-Pas-de-Calais Picardie Publié le 11/12/2015 http://www.lavoixdunord.fr/politique/regionales-robert-badinter-appelle-a-faire-barrage-au-ia228354b229664n3212177 Recueillis par Ch.C.

Robert Badinter, l’avocat, l’ancien garde des Sceaux, l’ancien Président du Conseil constitutionnel, celui qui fit abolir la peine de mort, nous a adressé, à La Voix du Nord, un vibrant appel à voter dimanche contre le Front national.

« C’est parce que vous êtes au front, vous, La Voix du Nord, dans le Nord-Pas-de-Calais et en Picardie, que je vous adresse ce message. Vous êtes le bon endroit où l’envoyer parce que beaucoup de choses vont se jouer chez vous dimanche, c’est vous qui êtes les plus menacés ».

Robert Badinter, à 87 ans, est toujours un combattant. Un combattant pour les libertés. Un combattant contre la haine, le rejet de l’autre.

Le verbe précis, doux, bienveillant, l’homme n’y va pas par quatre chemins :« Il y a deux endroits clés en France où il faudra voter dimanche contre la médiocrité haineuse : le Nord et la Provence... ». Et d’insister : « N’acceptez pas que votre belle région, que je connais depuis toujours, cette région qui a tellement compté dans l’histoire de la gauche, n’acceptez pas qu’elle devienne l’atelier où se préparerait un avenir médiocre ».

Le message est clair. Le Front national clairement en ligne de mire. L’ancien Garde des Sceaux nous fait part de son inquiétude à le voir arriver au pouvoir dans le Nord-Pas-de-Calais Picardie dans un petit texte qu’il nous a adressé, un appel concis et brillant, à lire ci-dessous...

Le message de Robert Badinter

« Les enjeux de cette campagne dépassent largement le cadre des régions. Ces élections s’inscrivent en effet dans le projet d’ensemble visant à porter au pouvoir en France le Front National, grâce à l’élection projetée de Marine Le Pen à la Présidence de la République. Ai-je besoin de rappeler que le Front National, même s’il a changé de visage, n’a pas changé d’âme.

C’est toujours le même rejet de l’Autre, l’hostilité à l’étranger, le refus de l’Union européenne qui est pourtant notre véritable avenir, qui inspirent cette formation politique.

C’est toujours la même volonté de repli sur l’Hexagone, l’invocation d’une identité nationale qui n’est qu’illusion au regard de l’histoire de la France comme elle est tromperie dans un monde globalisé où s’étendront de plus en plus les échanges internationaux et le triomphe du numérique.

Car c’est bien le retrait de la France de l’Union européenne, dont elle a été la fondatrice avec le Général de Gaulle et l’animatrice du temps de François Mitterrand et de Jacques Delors, que poursuivent les partisans du Front National.

C’est aussi, à travers le repli sur soi, la certitude d’une marginalisation économique de la France et d’une dégradation rapide de la monnaie nationale substituée à l’euro, qui sera livrée à toutes les spéculations et dévaluations inévitables au grand détriment des salariés, des pensionnés et de tous les titulaires modestes de revenus fixes.

C’est enfin la perte de notre influence dans le monde et la réduction assurée de la France à un Etat de second ordre dans un monde difficile. Dans cette bataille des régionales, n’acceptez pas que votre belle région qui a tant compté dans l’histoire de la gauche devienne l’atelier où se préparerait un avenir médiocre, marqué par la frilosité, le passéisme et la peur de l’Autre. La France vaut mieux que la médiocrité haineuse qui lui est proposée. A vous de le dire dimanche 13 décembre par votre vote. Robert Badinter Ancien Garde des Sceaux Ancien Président du Conseil constitutionnel

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Déchéance de nationalité : Hamid El Hassouni (PS) hausse le ton
le 28/12/2015 à 22:26 http://www.bienpublic.com/edition-dijon-ville/2015/12/28/decheance-de-nationalite-hamid-el-hassouni-%28ps%29-hausse-le-ton

Dans un communiqué, l'adjoint PS à la mairie de Dijon, et conseiller départemental, dénonce la direction prise par le gouvernement dans le dossier de la déchéance de nationalité pour les binationaux nés en France et condamnés pour terrorisme. L'élu dijonnais et conseiller départemental appelle solennellement le président de la République à revenir sur sa décision.

Retrouvez ci-dessous le communiqué complet de l'adjoint au maire de Dijon, Hamid El Hassouni : « Le Front national l'a rêvé le Président de la République, sous l'influence croissante du 1er ministre Manuel Valls, l'a fait !

Entre gesticulations et tergiversations, reclus à l'Elysée, conseillé par des experts obsédés par les courbes des sondages et un 1er ministre qui se croit déjà en haut de l'affiche, le Président de la République a décidé d'inscrire dans le projet de loi de révision de la Constitution la déchéance de la nationalité pour les binationaux nés français et condamnés pour acte de terrorisme.

« Monsieur le président, ne gâchez pas tout ! »

Les ennemis de la République, ceux qui s'opposent à notre mode de vie, nous combattent avec des armes de guerre et vous, vous répliquez par des symboles...contre productifs !

Jusqu'à maintenant Monsieur le Président vous avez été à la hauteur... Ne gâchez pas tout ! Monsieur Valls impose une vision de la société inquiétante qui divise au lieu de créer une unité républicaine !

La France n'a pas besoin d'une « mesurette » aux effets stériles sur le champ de bataille idéologique et guerrier pour anéantir les terroristes.

Croyez - vous une seconde que les assassins du 13 novembre dernier auraient tremblé d'apprendre qu'ils risquaient de perdre leurs « papiers » (sic) ou leur citoyenneté française et que cela aurait pu les dissuader de commettre des crimes ? Soyons sérieux...

« Des millions de citoyens qui découvrent qu'ils ne seront jamais des Français à part entière »

L'aspiration manichéenne des terroristes est à terme d' inciter l’État à créer des sous - catégories de citoyens français ...et de recueillir dans leur filet destructeur les déçus de la République.
Sans aucune hésitation, la fermeté ne se négocie pas ! Mais là n'est pas la question.

Aujourd'hui, l'arsenal juridique et répressif permettent, dans un État de droit sûr de lui, à nos institutions de ne pas trembler lorsqu'il s'agit de mettre hors état de nuire ou de condamner les poseurs de bombe. C'est la force d'une démocratie de ne pas tomber dans l'excès, et de ne pas céder aux tentations des extrêmes...

Symbole pour symbole est - ce que vous mesurez le ressenti de ces millions de citoyens binationaux nés en France – fiers ce cette double culture - qui en se réveillant ce matin, à la veille de Noël, découvrent avec stupéfaction qu'en réalité ils ne seront JAMAIS des Français à part entière mais des Français à part ?

« Ecoutez le peuple de gauche ! »

Quel joli cadeau Monsieur le 1er Ministre !! Votre carrière ne mérite que l'on « humilie» des millions de binationaux. Votre calcul électoral est de donner des gages aux électeurs du Front National... pour soi disant les reconquérir. Est-ce clairement votre stratégie à moyen terme en vu des échéances de 2022 ou de 2027 ?

Monsieur le 1er ministre par votre incompréhensible décision vous risquez de rallumer les flammes de la division et accessoirement la lepénisation des esprits chère à l’extrême droite.

En réalité, votre choix démontre une fébrilité et une absence de constance dans ce qui constitue intrinsèquement le socle des valeurs de la gauche...qui ne sont nullement incompatibles avec les intérêts de l’État, n'en doutez pas ! .

Alors Monsieur le Président de la République, écoutez les personnalités et les intellectuels, « ce Peuple de Gauche » et revenez sur cette décision ! Ce ne serait pas d e votre part un renoncement ou un supposé « aveu de faiblesse » ! Au contraire, à l'instar de Robert Badinter, garde des sceaux, ayant obtenu l'abolition de la peine de mort le 9 octobre 1981, ne cédez pas aux sirènes de ces symboles dangereux qui nuisent à la cohésion de notre belle Nation (c'est nous qui soulignons, notedt).»

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L’Arabie Saoudite décapite 47 détenus dont un chef chiite ALAKHBAR (Nouakchott) – http://fr.alakhbar.info/10796-0-LArabie-Saoudite-decapite-47-detenus-dont-un-chef-chiite.html

Le royaume saoudien a décapité ce samedi matin 47 personnes qui ont été condamnées pour terrorisme dont le guide religieux chiite, cheikh Nimr Baqr al-Nimr.

Le royaume avait annoncé en mai 2015 que le Cheikh Al-Nimr, ce farouche opposant au régime saoudien, sera "exécuté par décapitation puis crucifié en place publique".

Selon des observateurs, la décapitation du cheikh chiite risque de provoquer des réactions hostiles au roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud et à sa cours.
Ces exécutions sont les premières de l’année 2016, en Arabie Saoudite.

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Le monde chiite s'indigne après les exécutions en Arabie saoudite Home ACTUALITE International Par lefigaro.fr Mis à jour le 03/01/2016 à 09:08 Publié le 02/01/2016 à 19:12

Les protestations les plus fortes après l'exécution samedi du cheick al-Nimr sont venues d'Iran, puissance chiite qui entretient des relations tendues avec l'Arabie saoudite sunnite. L'ambassade de Ryad a été incendiée à Téhéran.

L'exécution en Arabie saoudite du chef religieux chiite saoudien Nimr Baqer al-Nimr a suscité samedi l'indignation dans le monde chiite, notamment en Iran et en Irak. Le cheikh de 56 ans, virulent critique de la dynastie sunnite des Al-Saoud, a été exécuté samedi avec 46 autres personnes condamnées pour «terrorisme». Quelques centaines d'hommes et femmes ont manifesté dans la ville à majorité chiite de Qatif, dans l'est du pays.

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Les Etats-Unis se désolidarisent des exécutions en Arabie saoudite Par RFI http://www.rfi.fr/moyen-orient/20160103-etats-unis-desolidarisent-executions-arabie-saoudite-cheich-al-nimr

La réaction américaine à l'exécution de 47 personnes par l'Arabie saoudite, parmi lesquelles le cheikh Nimr al-Nimr, dignitaire chiite et opposant à la dynastie sunnite des Saoud, était attendue. Elle est finalement tombée dès samedi 2 janvier 2016.

C'est à travers un bref communiqué du département d'Etat que les Etats-Unis ont réagi à l'exécution du cheikh Nimr al-Nimr, l'une des voix de l'opposition chiite en Arabie saoudite. Washington exprime plus largement sa préoccupation sur la conduite des procédures judiciaires.

« Nous avons maintes fois fait connaître au plus haut niveau des autorités saoudiennes nos inquiétudes, et appelons à nouveau le gouvernement à respecter les droits de l'homme et à garantir des procès honnêtes », écrit John Kirby.

Le porte-parole du département d'Etat appelle les autorités saoudiennes à permettre « l'expression d'opinions dissidentes pacifiques ». John Kirby demande à « toutes les communautés de travailler ensemble pour apaiser les tensions sectaires, qui risquent d'être exacerbées par la mort du leader chiite ».

Répercussions attendues dans la région et sur le plan diplomatique

Pour les diplomates occidentaux basés à Riyad, cette exécution intervient au plus mauvais moment, décrypte notre correspondante en Arabie saoudite, Clarence Rodriguez. L’Arabie saoudite est engluée dans deux conflits au Yémen et en Syrie. De son côté, Daech appelle la population saoudienne à se soulever contre son gouvernement.

Il ne faut pas oublier non plus le plan d’austérité mis en place en début de semaine dans le royaume. Alors, fallait-il exécuter le cheikh Nimr al-Nimr dans un tel contexte ? Les conséquences peuvent être désastreuses en Arabie saoudite, mais aussi dans toute la région, où les tensions confessionnelles entre chiites et sunnites sont déjà à leur comble.

Ces exécutions arrivent au moment où Washington et Moscou semblaient avoir trouvé un compromis pour travailler ensemble sur la guerre en Syrie, l'un des nombreux dossiers sur lesquels Riyad et Téhéran ont des positions divergentes. De telles décapitations risquent donc d'anéantir ces efforts diplomatiques, analyse notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio.

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