Histoire de la gauche caviar, Laurent Joffrin, Robert Laffont, Paris, 2006
Un Français condamné à mort en Indonésie pour trafic de drogue

Textes
Clémence pour les clients des prostitués mineurs (2002)
Clémence pour les pédophiles récidivistes (2008)
Contre la castration des pédophiles récidivistes (2009)

Contre "la guerre à la délinquance" de Nicolas Sarkozy (juillet 2010)
Contre la Chine, pour le grand théocrate thibétain (2008)
La Chine condamne à mort dans l'affaire du lait contaminé (300.000 victimes)(janvier 2009)

Robert Badinter, le grand défenseur des assassins

Vie pénitentiaire
L'avocat des assassins Roger Bontemps et Patrick Henry, responsable de l'abolition de la peine de mort en France, veut améliorer la vie pénitentiaire des prisonniers ; Christine Boutin le soutient au nom de Nicolas Sarkozy (2006)

Peine de mort
2005 : 2148 exécutions
2004 : 5476 exécutions
11 avril 2002 : 3 048 exécutions capitales en 2001
09 oct 2001 : Le 20ème anniversaire : vers une abolition universelle ?
L'abolition de la peine de mort fut un changement radical, historique
11 septembre 2001 : Les "assassins" tuent toujours
Juin 2001 : M. Chirac et M. Jospin apportent leur soutien
Juin 2001 : D'anciens condamnés à mort racontent leur calvaire à Strasbourg
(leurs victimes ne disent rien, donc rien à dire)

Une merveilleuse auto-hagiographie : Robert Badinter, L'Abolition, Fayard, Paris 2000.
Février 2002 : Prostitution des mineurs, Maître Robert Badinter prend la défense des clients

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Juin 2001 : D'anciens condamnés à mort racontent leur calvaire à Strasbourg

Le premier Congrès mondial contre la peine de mort s'est ouvert, jeudi 21 juin, à Strasbourg par des témoignages d'anciens condamnés à la peine capitale. Robert Badinter, ancien ministre de la justice à qui la France doit la suppression de la peine de mort en 1981, a répété qu'il ne peut y avoir de "justice qui tue", et s'est déclaré convaincu de "la disparition universelle" du châtiment suprême.

Une vive émotion a étreint l'hémicycle du Conseil de l'Europe, jeudi 21 juin, lorsque Kerry Max Cook a évoqué ses vingt-deux ans de détention dans le "couloir de la mort" de Huntsville, au Texas. Alors que le public se levait pour l'applaudir longuement, il a confié combien il était "heureux d'avoir pu venir à Strasbourg raconter -son- histoire au monde entier", à l'invitation du premier Congrès mondial contre la peine de mort (Le Monde du 22 juin). En 1977, il est accusé du viol et du meurtre d'une jeune femme avec laquelle il a eu une brève liaison. Pour la presse, raconte-t-il, "je faisais un coupable idéal : j'habitais dans l'appartement d'un ami homosexuel et je n'étais pas américain, j'avais été élevé en Europe jusqu'à l'âge de quatorze ans."

PROCÈS TRUQUÉ
Dans un pays "où seuls les pauvres sont touchés par la peine de mort", il est vite condamné, faute de pouvoir se payer un bon avocat. Le procès est truqué par un procureur "qui cherche à se faire élire en gagnant l'affaire". Un policier affirme ainsi que ses empreintes digitales se trouvaient sur la porte de la jeune femme depuis six à douze heures. Il n'est pas contredit, alors qu'il est impossible de dater les empreintes. Un médecin légiste modifie son rapport d'autopsie pour que l'heure de la mort de la victime coïncide avec celle à laquelle ces traces seraient apparues. Un détenu forcé à un faux témoignage affirme avoir reçu sa confession en cellule, alors qu'ils n'ont pas été dans la même prison.

Dans le couloir de la mort de Huntsville, Kerry Max Cook occupe une cellule exiguë : "Je pouvais toucher les quatre murs lorsque je me trouvais au centre, et les toilettes occupaient 90 % de l'espace." Il "lutte tous les jours pour sa survie", détenus et gardiens le violant à plusieurs reprises. Pendant qu'il est en détention, 141 personnes sont exécutées. "C'est un miracle de me trouver ici", insiste-t-il. Une université s'intéresse un jour à son cas et lui paie un avocat qui l'aide à se tirer d'affaire. Des tests d'ADN pratiqués sur un échantillon de sperme l'innocentent. Le coupable était l'ancien amant de la jeune femme, "un citoyen éminent du Texas qui a les moyens de se payer un avocat influent et qui n'a encore jamais connu la prison".

L'injustice sociale du système judiciaire américain a été dénoncée par un autre témoin, Thomas Lemaire, jeune avocat et premier secrétaire à la conférence du stage, qui s'est passionné pour l'histoire de Michael Pardue, citoyen de l'Alabama. En 1977, alors âgé de dix-sept ans, le jeune homme va dans un commissariat avouer le vol de deux pneus. Il est placé en garde à vue pendant soixante-dix-huit heures au terme desquelles il avoue trois meurtres. Il est condamné à trois peines de perpétuité successives, la peine de mort ayant été suspendue sur le territoire américain. Il est innocenté en 1997 grâce au travail de l'avocat français. Il n'a pas eu la possibilité de venir témoigner à Starsbourg.

Le Français Philippe Maurice, condamné à mort en 1980, pour avoir tué un policier alors qu'il était en cavale, gracié en 1980 par François Mitterrand, et aujourd'hui libre, après être devenu, en prison, docteur en droit médiéval, a plaidé pour la réinsertion, en évoquant les universitaires et les aumôniers qui l'ont aidé à surmonter les brimades des gardiens de prison. Shoji Masaharu Harada, un Japonais dont le frère a été tué, et qui milite aujourd'hui pour l'abolition de la peine de mort, a affirmé que les victimes devaient parler avec les coupables pour avoir l'occasion d'entendre leur expiation.

"LE PREMIER DES DROITS"
Quelques instants plus tôt, Robert Badinter, le garde des sceaux qui a aboli la peine de mort en France, était venu rappeler que "le droit au respect de la vie est le premier des droits de tout être humain", et qu'"il ne peut y avoir de justice qui tue". Il a constaté que la peine de mort recule et affirmé que sa disparition est "inéluctable".

Il a jugé nécessaire un moratoire sur les exécutions puis sur les condamnations à mort en Chine, pays où l'on exécute plus d'êtres humains que dans le reste du monde. Il a, enfin, affirmé que la peine de mort est "incompatible avec la conception de la justice dont se réclament les Etats-Unis" et a demandé que tous les participants au congrès "prennent l'engagement solennel" de lutter "à travers les frontières et les continents pour parvenir à l'abolition universelle de la peine de mort".
STRASBOURG de notre envoyée spéciale, Rafaële Rivais, Le Monde, 23 juin 2001, p. 4.

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Juin 2001 : M. Chirac et M. Jospin apportent leur soutien

Jacques Chirac a apporté, jeudi 21 juin (2001), son soutien aux organisateurs du Congrès mondial contre la peine de mort, réaffirmant qu'une exécution capitale ne pouvait "constituer un acte de justice". "nulle justice n'est infaillible et chaque exécution peut tuer un innocent (...) Rien ne peut légitimer l'exécution de mineurs ou de personnes souffrant de déficience mentale", a déclaré le chef de l'Etat dans un message adressé à Michel Taube, organisateur du congrès et président de l'association Ensemble contre la peine de mort. "C'est un combat qu'il faut mener avec détermination et conviction",a souligné le président de la République, qui avait appelé à l'abolition universelle de la peine de mort le 30 mars devant la Commission des droits de l'homme de l'ONU, à Genève.

De son côté, Lionel Jospin a fait valoir, jeudi, que "le combat pour l'abolition universelle de la peine de mort est essentiel pour notre civilisation, qui ne doit pas répondre au crime par la barbarie". - (Reuters, AFP.)

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Peine de mort : Robert Badinter pour l'abolition universelle *

Le 9 octobre 1981, la France a aboli la peine de mort. Avez-vous le sentiment que ce vote a marqué un tournant dans l’histoire du pays et un progrès de l’humanité ?
Robert Badinter :
Absolument. Avant l’abolition, nous avions une justice qui tuait. Aujourd’hui, la justice française ne tue plus.

Pendant dix ans, ce combat était devenu le vôtre, celui auquel chacun finira par vous identifier. Ce jour-là, votre longue lutte prend fin ?
Oui en France, non aussi longtemps que la peine de mort n’aura pas disparu de la surface du globe.

Alors que la bataille électorale pour les présidentielles de 1981 commence, le nombre des condamnations à mort s’accumule. Malgré les sondages qui réaffirment le soutien des Français à la peine de mort, le candidat François Mitterrand ne se déclare pas favorable à son maintien. Selon vous, était-ce un geste politique courageux ?
Certainement. Les sondages étaient à l’époque en faveur de l’élection de Giscard. La majorité des électeurs était pour la peine de mort. Affirmer sa conviction au mépris de ses intérêts politiques est un geste politique et moral qui mérite la reconnaissance.

Le vingtième anniversaire de l’abolition de la peine de mort est l’occasion pour de nombreuses associations de militer pour ce qu’elles considèrent comme “une nouvelle étape de civilisation” : l’abolition des longues peines, de la perpétuité et des peines de sûreté. Accompagnez-vous leur combat ?
L’abolition de la peine de mort supposait un changement radical de la nature même de la justice. La question des longues peines et des peines de sûreté est très complexe. Elle appelle une réflexion et des mesures complexes. J’aurai l’occasion de m’exprimer à cet égard. Ce serait l’objet en soi d’un entretien entier.

Le projet de loi pénitentiaire, en cours de rédaction, a permis de débattre du sujet mais le texte ne comblera pas les nouveaux abolitionnistes. En effet, la réclusion à perpétuité sera maintenue, et seules les peines de sûreté automatique seront supprimées. Le gouvernement peut-il aller plus loin et répondre aux militants de ce nouveau mouvement ?
Je crains que le projet de loi ne soit pas voté avant la fin de la législature compte tenu de la surcharge du calendrier législatif.

Jusqu’en 1993, l’opinion publique en France était favorable à la peine de mort. Les dernières enquêtes de 1998, 1999 et 2000 indiquent qu’elle est majoritairement (56%) opposée à la peine capitale. Comment expliquez-vous ce retournement ?
Par le double effet de l’apparition d’une nouvelle génération et par le mouvement culturel qui, radicalement opposé à la peine de mort, est aujourd’hui prédominant sur le continent européen. Dès avant 1981, j’en étais convaincu. Il fallait tout simplement donner du temps à l’abolition.

Si l’abolition s’est étendue à la majorité des États dans le monde et en Europe, des exécutions sont toujours pratiquées en Iran, en Chine et surtout aux États-Unis. Le combat est donc loin d’être achevé ?
Il ne le sera qu’avec l’abolition universelle.

LA LONGUE MARCHE
La double exécution de Buffet et de Bontems, mis à mort à la prison de la Santé en 1972, provoque l’engagement militant de Robert Badinter dans le combat pour l’abolition de la peine de mort. Jusque-là, le président Georges Pompidou, arrivé au pouvoir en 1969, avait accordé sa grâce à tous les condamnés.
Son refus de l’autoriser pour Buffet et Bontems reflète un revirement opéré dans l’opinion publique française, majoritairement favorable à la peine capitale. En 1974, Valéry Giscard d’Estaing succède à M. Pompidou. Il conserve la même ligne de conduite. Deux ans plus tard, l’avocat Robert Badinter défend à Troyes Patrick Henry, accusé de l’enlèvement et du meurtre du petit Philippe Bertrand. La plupart des journaux réclament la guillotine dans les plus brefs délais.
Alors que l’instruction suit son cours, Christian Ranucci est exécuté, malgré les zones d’ombre qui subsistent dans cette affaire. Devant les magistrats et les jurés, Robert Badinter plaide contre la peine de mort.
La Cour condamne Henry à la réclusion criminelle à perpétuité. Le combat de Me Badinter est loin d’être terminé. Dans l’opinion publique, le verdict provoque de la colère. Mais il suscite aussi un nouvel élan chez les partisans de l’abolition. Le président Giscard d’Estaing reconnaît pour sa part le caractère cruel et barbare de l’exécution mais il n’entend pas saisir le Parlement sur la question. Les élections municipales approchent...

“LA JUSTICE NE TUERA PLUS...”
En 1978, onze députés de la majorité de droite déposent une proposition de loi supprimant la peine capitale. Les groupes communiste et socialiste s’associent à la démarche. En vain. Alors que le nombre de condamnations à mort augmente, la bataille pour les présidentielles de 1981 commence. Malgré les sondages réaffirmant le soutien des Français à cette issue, le candidat Mitterrand ne se déclare pas favorable à son maintien. Élu, il nomme Robert Badinter au ministère de la Justice.
Le 26 août, le Garde des Sceaux fait inscrire au Conseil des ministres un texte qui tient en six mots: “La peine de mort est abolie”. Le projet vient en un temps record devant le Parlement où M. Badinter le défend avec passion et émotion, en lui donnant une dimension historique : “Demain, grâce à vous, la justice française ne sera plus une justice qui tue. Demain, grâce à vous il n’y aura plus pour notre honte commune, d’exécutions furtives à l’aube sous le dais noir, dans les prisons françaises.
Demain, les pages sanglantes de notre justice seront tournées”. La loi est votée le 9 octobre 1981 et promulguée au Journal Officiel le lendemain.
Sources : “L’Abolition”. Robert Badinter. Fayard, 2000. 326 pages.
* Propos recueillis par Olivier Biscaye, clicanoo.com, 08 octobre 2001.

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Le Web de l'HUMANITE (parti communiste français), (Page réalisée par Intern@tif - Lundi 31 Décembre 2001)

L'abolition de la peine de mort fut un changement radical, historique. On est passé d'une justice qui tuait à une autre qui se refuse à tuer. Un combat mené depuis deux siècles par les plus grands esprits, une victoire obtenue, pour une part importante, par le courage politique. Et, à partir de là, on peut se référer à la date de 1981 non pour célébrer ce qui fut - cela n'a pas d'intérêt - mais pour mesurer le chemin parcouru. Tant qu'il y aura des hommes, il y aura des crimes atroces, et les attentats terroristes à New York et à Washington s'inscrivent dans la catégorie des pires crimes, les crimes contre l'humanité. Est-ce à dire pour autant que dans les vingt dernières années nous n'avons pas connu de crimes atroces ? Ont-ils pour autant ralenti la marche vers l'abolition de la peine de mort ? Certainement pas. Nous étions, en 1981, le trente-cinquième Etat à l'abolir. Aujourd'hui, il y en a cent huit sur cent quatre-vingt-neuf membres des Nations unies
5 octobre 2001, Robert Badinter, Ancien garde des Sceaux

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A l'initiative de Robert Badinter (PS), le Sénat réduit les peines contre les clients de prostitués mineurs

POUR ROBERT BADINTER, le client d'un prostitué mineur est parfois un "pauv'gars", un "père de famille dont la vie risque d'être brisée"si le code pénal est trop sévère avec lui. Le client sera donc puni, mais moins durement que ne l'avait souhaité le gouvernement : lors de l'examen du projet de loi sur l'autorité parentale, en première lecture, les députés avaient prévu une peine de cinq ans d'emprisonnement et une amende de 75 000 euros, à l'encontre du client qui a des relations sexuelles rémunérées avec un mineur âgé de 15 à 18 ans.

Jeudi 14 février (2002), en seconde lecture, le Sénat a ramené la peine à trois ans d'emprisonnement et l'amende à 45 000 euros. Le sénateur socialiste Robert Badinter a renoncé à son amendement, adopté la veille en commission des lois, qui fixait la peine à deux ans d'emprisonnement. Comme pour un vol en magasin ! La ministre déléguée à la famille et à l'enfance a réussi à imposer un compromis à trois ans. Jeudi soir, Ségolène Royal s'est dit "satisfaite" : "Le texte peut être adopté conforme par les députés. Si le client prend trois ans, ce sera déjà formidable", confie-t-elle.

Le président de la commission des lois de l'Assemblée nationale, Bernard Roman (PS), confirme que le dispositif est "correct", les sénateurs ayant maintenu la peine "aggravée" : cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende si l'infraction est commise "de façon habituelle" ; ou si le mineur a été mis en relation avec l'auteur des faits par "un réseau de télécommunication" ; ou encore lorsque le client "abuse de l'autorité que lui confèrent ses fonctions". Enfin, si le mineur est âgé de moins de 15 ans, la peine s'élèverait à sept ans d'emprisonnement et l'amende à 100 000 euros.

Quel a été le raisonnement de l'ancien garde des sceaux, et père de l'abolition de la peine de mort ? Mercredi, en commission des lois, M. Badinter s'est livré à une comparaison de l'échelle des peines : sept ans d'emprisonnement pour un proxénète - dans le cas d'un(e) prostitué(e) majeur(e) - cinq ans pour le client d'un prostitué de 15 à 18 ans ; il a estimé que la différence n'est pas assez importante. Il avait même convaincu ses collègues de supprimer la pénalisation lorsque le client et le ou la prostitué(e) sont tous deux mineurs. A la demande de Mme Royal, il a retiré l'amendement en séance, jeudi. M. Badinter a tenté, en vain, de supprimer la pénalisation lorsque le délit de prostitution avec un mineur est commis à l'étranger, évoquant, en privé, "l'âge des petites Africaines", qu'il n'est pas toujours aisé de connaître avec précision, ou de manière générale, la difficulté à "distinguer une fille de 17 ans et une de 18 ans". Il a toutefois réussi à faire inscrire dans le texte le principe selon lequel "la prostitution est interdite sur tout le territoire de la République". M. Roman n'y est favorable qu'à la condition que l'article figure dans le code civil, au titre de "l'enfance en danger", et non dans le code pénal, sous peine de "montrer du doigt les prostitués".

CONFERENCE DE PRESSE
A la vue des amendements Badinter, les députés PS sont restés pantois, Ségolène Royal a piqué une colère et Claire Brisset, la défenseure des enfants, réagissait illico en organisant, mercredi, une conférence de presse. Mme Brisset a fait part de son "inquiétude" dans le cas où le dispositif serait adopté en l'état. "Ces amendements réduisent les peines encourues par les clients, affaiblissent considérablement la portée du dispositif imaginé par le gouvernement", a expliqué Mme Brisset, qui a tenu à souligner l'"urgence" de la situation : ce trafic représente "plusieurs centaines d'enfants" à Paris. D'autres villes comme Lyon, Marseille, Rennes et Strasbourg sont aussi touchées. Conviées par Mme Brisset, des associations de défense des enfants et des organisations d'aide aux prostituées ont témoigné de l'ampleur du phénomène. "Les mineurs prostitués sont de plus en plus jeunes et de plus en plus nombreux. Près de 200 sont présents autour de la gare du Nord et une centaine dans le 16e arrondissement", a alerté Jean Michel Moncolin de l'association Aux captifs la libération. "Nous en avons assez de devoir distribuer des préservatifs à des gamins de 8 ans. L'Etat a assez tardé à protéger ces enfants mis sur le trottoir par des traficants", a renchéri Claude Boucher, responsable du Bus des femmes.

Mardi et mercredi, Mme Royal et M. Roman ont mené de - rudes - négociations avec M. Badinter pour parvenir à un compromis. Les travaux parlementaires s'interrompant le 22 février, pour cause de campagne électorale, le texte doit absolument être adopté définitivement, jeudi 21 février, à l'Assemblée. Mme Royal a demandé au ministre de l'intérieur, Daniel Vaillant, d'organiser "une opération de police" à Paris, dans les quartiers où sévit la prostitution des mineurs, jeudi soir, après le vote définitif.
Clarisse Fabre et Sylvia Zappi, Le Monde, 16 février 2002, p. 8, LE MONDE | 15.02.02 | 13h21

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3048 exécutions capitales dans le monde en 2001 (note dt, deux fois moins que de morts sur la route pour la France seulement, il est vrai pas tous innocents ...)

Le nombre des peines de mort a doublé en un an.

Une année noire pour les partisans de l'abolition de la peine de mort à l'échelle de la planète. En 2001, 3 048 personnes ont été condamnées à mort et exécutées dans trente et un pays, contre 1 457 l'année précédente. Les chiffres, rendus publics hier par Amnesty International, ont parlé : le nombre d'exécutions capitales a doublé en un an. En outre, l'association britannique précise qu'il ne s'agit là que des exécutions «officielles». «Il est impossible de donner un bilan exact en raison de la volonté délibérée de nombreux Etats de dissimuler le nombre d'individus exécutés», souligne l'ONG.

Vaste campagne.
Cet accès de fièvre répressif ­ le nombre d'exécutions n'a jamais été aussi élevé depuis 1996 ­ est très largement imputable aux autorités chinoises qui ont lancé, ces derniers mois, une vaste campagne «contre le crime» dans tout le pays. Selon Amnesty, pas moins de 2 468 personnes y ont été exécutées, dont 1 800 en à peine quatre mois.

Quatre Etats totalisent à eux seuls 90 % des peines capitales : la Chine, donc, l'Iran, l'Arabie Saoudite et les Etats-Unis. Dans ce pays, un quadragénaire originaire de l'Arizona vient d'être libéré après avoir passé dix ans dans les «couloirs de la mort». Ray Krone est le centième Américain à avoir été innocenté depuis 1973 (lire encadré ci-contre).

En janvier 2000, le gouverneur de l'Illinois, George Ryan, a décrété un moratoire sur l'application de la peine de mort dans son Etat après la découverte d'une nouvelle erreur judiciaire. Dans l'Illinois, treize condamnés à mort ont finalement fini par être innocentés par les tribunaux. «Je ne peux tolérer un système coupable de telles erreurs», a-t-il précisé. Aux Etats-Unis, la peine de mort a été rétablie, au niveau fédéral, en 1977.

Les Etats-Unis sont aussi l'un des sept pays au monde (avec la république démocratique du Congo, l'Iran, le Nigeria, le Pakistan, l'Arabie Saoudite et le Yémen) à appliquer la peine de mort pour des faits commis, à l'époque, par des mineurs. Les traités internationaux interdisent les exécutions capitales en dessous de 18 ans.

Espoir.
Amnesty International refuse, pour autant, de désespérer, notant que, depuis 1990, trente pays ont aboli la peine de mort. L'an dernier, deux nouveaux pays ont sauté le pas : la Yougoslavie et la Bosnie-Herzégovine. Maigre consolation.
Libération, Par Thomas HOFNUNG, Le jeudi 11 avril 2002, p. 12

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En un clin d'oeil / La Peine de mort dans le monde - Chiffres 2005

2148 exécutions capitales dans le monde

1. Chine 1770 exécutions officielles
2. Iran 94 exécutions
3. Arabie Saoudite 86 exécutions

Au moins 5186 personnes ont été condamnées à mort en 2005, dans 53 pays.

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13.12.2006 | 10:08 SPECIAL PRISONS Selon Christine Boutin Nicolas Sarkozy veut une loi sur les prisons

Le ministre-candidat aurait accepté de faire voter une loi sur la condition pénitentiaire au cours de la prochaine législature, d'après sa nouvelle conseillère politique, Christine Boutin.

Sous l'influence de Christine Boutin, Nicolas Sarkozy aurait accepté de défendre le principe de faire voter une loi sur la condition pénitentiaire au cours de la prochaine législature. Christine Boutin, nommée récemment conseillère politique du candidat, l'a annoncé lundi 11 décembre au cours des 3e rencontres parlementaires sur les prisons, qu'elle co-organisait à Paris avec le député PS André Vallini. "M. Sarkozy a accepté une loi pénitentiaire, il a dit qu'il était d'accord donc c'est déjà un premier pas", a déclaré Christine Boutin. Selon elle, "une mesure urgente indispensable c'est d'éviter la surpopulation dans les prisons, de faire respecter la dignité humaine", et il est nécessaire d'appliquer le principe "une place, une personne".

Pour un nouveau régime carcéral

Une vision qu'elle partage avec l'ancien Garde des Sceaux socialiste Robert Badinter. Invité des rencontres parlementaires, il déclaré qu'"une loi pénitentiaire paraît aujourd'hui indispensable", précisant que le "principe fondamental" de cette loi devra être de reconnaître au détenu "la permanence de sa qualité de citoyen".

Selon Robert Badinter, le détenu est "une personne fondée à demander à ce que soient respectés (..) notamment la conservation de liens avec la famille, le droit à l'éducation et le droit à un travail justement rémunéré".

Les "états généraux" des prisons, organisés avec le soutien de Robert Badinter, avaient conclu, mi-novembre, à la nécessité d'une loi pénitentiaire "fondatrice" d'un nouveau régime carcéral davantage respectueux des droits de détenus.

Au 1er novembre, les 188 prisons françaises comptaient 57.612 détenus pour une capacité totale de 51.200 places, d'après des chiffres de l'Administration pénitentiaire (AP). . Le taux d'occupation moyen est d'environ 112%.

Présidente d'un petit parti associé à l'UMP, Christine Boutin vient de renoncer à se présenter à la présidentielle pour soutenir Nicolas Sarkozy.
lenouvelobs.com, Samedi 16/12/2006 - 16h46

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Indonésie – Un Français condamné à mort pour trafic de drogue
armees.com publié le vendredi 1er juin 2007

Un Français et six autres ressortissants étrangers ont été condamnés à mort par la Cour suprême indonésienne mercredi. Les sept étrangers étaient accusés de trafic de drogue. Condamnés en première instance à la prison à perpétuité, ils avaient fait appel de la décision.

Mais la cour a estimé que la gravité des faits valait la peine de mort. Serge Areski, âgé de 43 ans, a essayé durant l’audience de faire valoir qu’il n’était qu’un second couteau dans cette affaire, mais la cour n’a pas retenu cet argument.

Les six autres hommes, un Hollandais et cinq Chinois, avaient mis en place un laboratoire clandestin de production d’ecstasy dans une province à l’ouest de Djakarta.

Selon les autorités indonésiennes, ils pouvaient produire jusqu’à un million de cachet par semaine, soit une valeur marchande de 600 millions de dollar par an.

Leurs seules chances résident maintenant dans une éventuelle grâce présidentielle, rare dans les affaires de narcotique, ou une réouverture du dossier. P.S. (www.lepetitjournal.com) vendredi 1er juin 2007
armees.com, publié le vendredi 1er juin 2007

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Badinter s'élève contre la peine de sûreté pour les pédophiles
Reuters - Lundi 7 janvier, 20h50PARIS (Reuters) -

L'ancien garde des Sceaux socialiste Robert Badinter a dénoncé lundi le projet de loi prévoyant une peine de sûreté pour les pédophiles jugés toujours dangereux après avoir purgé leur peine.

"Il s'agit d'un changement radical de notre droit et d'une dérive que je ne peux que critiquer", a-t-il déclaré sur RTL, à la veille du débat sur ce texte à l'Assemblée nationale.

L'ancien ministre a ensuite ajouté sur France 2 : "depuis la Révolution française, on va en prison pour des actes ou crimes qu'on a commis, pas pour ce qu'on est, pas au nom d'une dangerosité indiquée par des psychiatres."

Selon Robert Badinter, il s'agirait d'un "changement radical" du droit français consistant à maintenir quelqu'un en prison "au titre d'une infraction virtuelle, d'un crime qu'il pourrait éventuellement commettre s'il était libre." "C'est une dérive dangereuse", a-t-il insisté.

Ce projet de la garde des Sceaux, Rachida Dati, prévoit actuellement que les détenus condamnés à au moins quinze ans de prison pour meurtre, assassinat, torture, acte de barbarie ou viol sur mineur ne seront plus automatiquement remis en liberté après avoir purgé leur peine. Ils pourront être placés indéfiniment dans des centres fermés si une commission pluridisciplinaire les juge encore dangereux.

La loi ne pouvant pas être rétroactive, ces centres fermés ne devraient pas être utilisables pour ces criminels avant 2023.

Mais pour les auteurs de plusieurs crimes purgeant actuellement leur peine, le gouvernement veut invoquer une "mesure de sûreté" afin qu'ils soient assujettis à la loi dès sa promulgation.

Pour Robert Badinter, la solution consisterait à déceler dès le début de l'instruction si la personne mise en cause présente "les troubles les plus graves" et à l'enfermer "dans un hôpital fermé le temps nécessaire."
Gérard Bon

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Tibet: la Chine ne respecte pas la "trêve olympique", dalaï lama cité par parlementaires 13.08.08 | 13h57 Monde.fr

Le dalaï lama a affirmé mercredi à des élus français que la Chine ne respectait pas la "trêve olympique" et continuait sa répression au Tibet, selon plusieurs députés et sénateurs qui ont rencontré le chef tibétain à huis-clos.

"La réponse a été très précise : non. Pendant que se déroulent les Jeux, l'oppression du peuple tibétain et la répression continuent", a indiqué le sénateur PS Robert Badinter, qui a demandé au dalaï lama si "pendant la trêve olympique la Chine a au moins suspendu ses oppressions, ses arrestations".

Le chef spirituel et temporel tibétain a été reçu à huis-clos dans un petit bureau du sénat pendant près de 1h30 par une trentaine de députés et sénateurs.

"Il a fait état d'une répression terrible qui ne cesse pas malgré la trêve olympique. Depuis le 10 mars, il y a eu des arrestations, des exécutions et un renforcement terrible de la présence militaire chinoise, avec des casernes nouvelles", a ajouté le député PS Jean-Louis Bianco.

Le dalaï lama a aussi évoqué "une politique de colonisation accélérée avec peut-être un million de Chinois supplémentaires qui viendraient occuper le Tibet pour noyer et diluer la population tibétaine", a indiqué M. Bianco, de même que d'autres parlementaires

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Lait contaminé en Chine : trois condamnations à mort C.J. (lefigaro.fr) avec AFP 22/01/2009 | Mise à jour : 14:22 |

La justice chinoise commence à rendre les verdicts : la plus haute personnalité à être jugée, l'ex-patronne de l'entreprise laitière au centre du scandale, écope elle d'une peine de prison à vie.

Les peines sont d'une sévérité exemplaire, à l'image de l'ampleur et de l'émotion suscitées par l'affaire en Chine. Trois producteurs de lait, impliqués dans le scandale du lait pour bébé coupé à la mélamine, ont été condamnés à mort, jeudi. Le troisième accusé a été condamné à la peine capitale, mais avec sursis. Parmi les prévenus condamnés à la peine capitale, Zhang Yujun, qui a produit la poudre contenant de la mélamine et en écoulé 600 tonnes pour une valeur de 994.700 dollars. Il a été reconnu coupable d'avoir mis en danger la sécurité publique. Le lait contaminé avait intoxiqué l'an dernier, 300.000 enfants. Six n'avaient pas survécu aux calculs rénaux causés par la mélamine.

Le tribunal a condamné à la prison à vie, un quatrième homme, qui avait acheté de la poudre de lait trafiquée à Zhang Yujun et en avait revendu quelque 230 tonnes. A la consternation de certains parents qui espéraient la peine de mort, l'ex-patronne de Sanlu, la firme laitière, qui a commercialisé le lait coupé alors qu'elle le savait non-conforme, écope elle aussi d'une peine de perpétuité et devra verser 2.24 millions d'euros d'amende. Tian Wenhua, l'ex-directrice de Sanlu était la plus haute personnalité à être jugée dans ce scandale.

Lors du procès, cette membre du parti communiste et du parlement provincial a reconnu avoir eu connaissance de plaintes de consommateurs dès la mi-mai 2008 mais n'avoir alerté les autorités que début août. Des autorités locales qui avaient elles-mêmes tardé à agir et étouffé le scandale à la veille de l'ouverture des Jeux olympiques de Pékin.

300 dollars d'indemnisation par famille

Hormis Tian Wenhua, plusieurs anciens hauts cadres de Sanlu ont écopé de peines de 5 à 15 ans derrière. Parmi eux, l'un a comparu en chaise roulante, ayant perdu l'usage de ses jambes après une tentative de suicide. Sanlu, qui était l'un des fleurons de l'industrie laitière chinoise et est désormais en quasi-faillite, devra en outre s'acquitter d'une amende de 5,6 millions d'euros.

L'enquête a permis de déterminer que 22 sociétés ont mis sur le marché du lait trafiqué avec la mélamine, produit destiné aux colles, aux résines ou aux engrais qui simule, lors des tests de contrôle, un apport en protéines. Ces 22 firmes ont annoncé la création d'un fonds spécial d'indemnisation, doté de 160 millions de dollars. Mais familles et avocats des victimes ont critiqué l'initiative, soulignant que certains parents d'enfants tombés malades ne recevraient que 300 dollars.

Le scandale a mis à mal la réputation des produits chinois dans le monde entier. Les autorités centrales, qui avaient rapidement pris les choses en main une fois informées ont promis de réformer le système de contrôle de la chaîne alimentaire.

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26/10/2009 - 08:22 leJDD.fr

Badinter-Castration: "Absolument non!"

L'ancien ministre de la Justice, Robert Badinter, s'est déclaré "absolument" contre la castration physique des criminels sexuels pour la raison qu'un Etat de droit ne peut pas "mutiler un être humain".

A cette solution l'avocat préfère ce qu'on appelle un "traitement hormonal destiné à faire tomber la libido" qui n'a pas d'effet "irréversible", contrairement à la castration.
Selon lui, il faut également avoir "l'accord du patient."

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