05 mai 2008. L’organisateur de Davos et Publicis se séparent. Spécialisé dans l’événementiel, le nouvel époux de Cécilia paye la note d’une romance très médiatisée.
C’est son épouse qui accueille. On est chez eux. A Neuilly.
N’allez pas crier à la provocation. Lui visait Paris intra-muros, cherchait un «pied-à-terre» depuis longtemps. On s’attendait à fouler le marbre d’un hôtel particulier, ça ressemble à une maison. Chez ledit «richissime» Richard Attias, nulle gouvernante en noir et tablier blanc. D’accord, il a une femme de ménage mais pas de yacht, ni de Jaguar avec chauffeur ou de jet privé. Il voyage les deux tiers de son temps. Passe le restant ici, ou dans le Connecticut, maison située à Greenwich. Comme le quidam, il a des emprunts mais il est exclu de parler argent. Quand on lui demande son signe extérieur de richesse, il dit sans hésiter : «Ma liberté.» Il a le verbe très, très mesuré, ne veut en aucun cas «déclencher l’ire de qui que ce soit».
Il sera furax que l’on détaille son salon. Allons-y ! Volumes optimisés, cheminée et parquet. Sur la table basse, une boîte de chocolats Pierre Marcolini. Un chien au format nain vient se coucher au pied du sofa rouge foncé. A la question pedigree, Cécilia Attias répond : «La race, je crois que c’est une erreur.»
Lui vient d’arriver de Dubaï. Il déboule, bonne mine, en jean, la chemise blanche impeccable. Devant la glace, il râle de se trouver enrobé et tient à se raser pour la photo. Elle propose un café, s’en va le préparer. Son regard, à elle, a changé. Nulle distance, zéro inquiétude, plus aucune dureté.
Il est de bonne humeur, pourtant ça y est. Ça aura pris un peu de temps mais là, c’est fait. Ses ennemis dont il se garde de parler, car il en aurait plus d’un et des sérieux à ce qu’il paraît, peuvent être satisfaits. Il semblerait que l’on ait eu la tête d’Attias. Exit donc, l’incontournable faiseur d’événements chez Publicis, le quadra au regard vert de gris, si prévenant et si avenant, qui a tant fait japper le landerneau parigot depuis le congrès de l’UMP (2004) qu’il organisa et où il croisa Cécilia. Richard Attias, président et actionnaire minoritaire (à 40 %) de PublicisLive, vient de revendre ses parts au groupe pour arranger tout le monde. Ce n’est donc plus à Davos que l’on croisera l’organisateur du World Economic Forum. Et le résident suisse depuis 1997 ne l’est peut-être plus pour longtemps. Il reste «en bons termes»avec Maurice Lévy, le patron de l’agence, qui le mandatera pour des missions de consulting. «Le forum de Davos n’était pas compatible avec certaines opérations que je souhaite mener et dont je ne veux plus me priver.» C’est visiblement plus simple de formuler les choses ainsi.
Monsieur Attias, serait-il devenu faillible ? «C’est ce que l’on doit penser. Mais le microcosme parisien n’est pas mon quotidien. Mes contacts professionnels se situent ailleurs dans le monde», répond-il, en terminant un yaourt à la vanille en guise de déjeuner.
Son épouse crée une agence d’événementiel axée sur l’humanitaire, le social et le culturel. Sera-t-il à ses côtés ? Il répond «oui» certainement. Lui ne cache pas qu’il a de «gros projets» à l’international et au Moyen-Orient où il «se sent chez lui depuis longtemps» pour avoir organisé les différents sommets de la Ligue arabe et créé la conférence de Pétra. Motus question détails : «On me dit superstitieux, je suis surtout parano. Ma fille a longtemps cru que j’avais inventé le concept de la paranoïa, tellement j’en incarne la définition.»
Sa petite cuillère vient de tomber. Elle n’est pas poinçonnée Puyforcat mais Habitat. Du pouvoir, il refuse de considérer qu’il en ait. Richard Attias croit plus au pouvoir des ONG qu’à celui des politiques. Citoyen marocain, il n’a jamais voté et se définit comme «humaniste social». Il admire Muhammad Yunus, le père du microcrédit et Richard Branson, le patron de Virgin. Se classe d’emblée dans la catégorie des hommes de défis. «La seule chose que je craigne, c’est la mort que je n’appréhende pas comme une étape vers autre chose.» Dans les moments graves, il considère la religion comme un «cabinet secret où on peut se retrancher pour méditer». Calé dans le sofa, il fait tourner son alliance autour de son doigt. Mais que va-t-on bien pouvoir raconter au sujet de l’homme de Davos désormais ? Lui, que l’on a présenté, sans économie de mépris, comme «riche publicitaire, juif marocain». Celui que la franchouillarde masculinité catalogue à huis clos «Don Juan au palpitant vingt-quatre carats». Richard Attias, ledit «monsieur Cécilia». «Je regrette d’être sorti de l’anonymat avec ce statut, mais pour autant, j’en suis fier. Je n’avais pas toujours mesuré la notoriété de Cécilia.» A Dublin, récemment, un groupe d’adolescents lui a demandé à se faire prendre en photo avec elle. Il a tenu l’appareil et a shooté.
Richard Attias est né à Fès. Il y est retourné avec sa femme, pour la première fois , au début de l’année. Dernier de quatre enfants, son père était haut fonctionnaire dans les travaux publics, sa mère, au foyer. Scolarité parfaite, tête de classe, il se souvient de son père lui passant un méchant savon pour n’avoir été que premier ex æquo avec une certaine Janine Sanguinetti. Dont il n’a jamais oublié le nom. Il a 16 ans quand ses parents s’installent à Bordeaux. «Pour moi, la France était le pays de la télévision en couleur.Je ne décollais pas de l’écran. J’adorais le Petit Rapporteur, avec Desproges et Jacques Martin.» Avec son diplôme d’ingénieur, il entre chez IBM France, puis crée une société d’événementiel, passée dans le giron de Publicis en 1998. De lui, Jocelyne Attal, rencontrée chez IBM et témoin à son mariage, dit : «Richard a des valeurs très fortes de travail, de loyauté, et de fidélité. Il sait créer l’émotion, écouter et se remettre en question.»
On le dit séducteur, il préfère le terme de méditerranéen. On le dit maniaque, il rectifie par méticuleux. Se décrit impulsif, tempérament de feu et très émotif. «Quand je gueule, c’est généré par un manque d’efficacité. Je sais aussi demander pardon.» Il a divorcé en 2001. Sa première femme, la mère de sa fille Alexandra (17 ans), est avocate. «Elle est restée ma meilleure amie.» Du père, sa fille dit : «Il est très famille. Protecteur, attentionné et généreux. On se téléphone vingt fois par jour, mais s’il crie, surtout si c’est à cause de mes notes, il vaut mieux dégager la zone fissa.» La fille aînée de Cécilia, Jeanne-Marie, également témoin de Richard, renchérit : «Il est génial.»
Richard Attias n’ose pas dire qu’il roule en Range Rover, porte du Ralph Lauren et du Brooks Brothers. Il ne cite pas ses amis, mais «a gardé les mêmes depuis toujours». Il aime Delacroix, Dufy, Rodin, Jules Verne et Saint-Exupéry. Adore que les choses soient à leur place et puis aussi le poulet rôti, la paella et la glace à la vanille de chez Edy’s.
Avec Big, le microchien, on est maintenant cinq à occuper les canapés du salon. Il est en ligne sur son Blackberry. Cécilia Attias repose sa tasse de café, se lève, part, revient puis dit : «Moi, finalement, dans la corbeille de mariage, je ne lui ai apporté que des emmerdes.»
RICHARD ATTIAS, communicant dans l'événementiel, mari de Cécilia
A 48 ANS, le nouvel époux de Cécilia ex-Sarkozy change de vie. Après son départ, annoncé fin avril, du groupe Publicis dont il était l'associé au sein de PublicisLive, ce communicant spécialiste de l'événementiel - il a été pendant treize ans l'ordonnateur du Forum économique mondial de Davos - se lance dans la conception et la production de grands événements sportifs, culturels, intellectuels et de grands spectacles pour, entre autres, l'émirat de Dubaï.
Vous quittez Publicis et notamment sa filiale PublicisLive, la filiale que vous avez contribué à créer en 1997 et dirigée depuis.
Quelle est la raison de ce départ ?
Richard Attias.
Il y a dans la vie des opportunités à ne pas laisser passer. Depuis quelques mois, de grands projets se dessinaient pour moi tant sur le plan personnel que professionnel. J'ai fait des choix. Ces choix sont motivés par la passion, la volonté de travailler sur des projets à fort contenu où mes compétences sont totalement utilisées. Et puis il y a des rencontres qui réorientent votre route et ouvrent de nouveaux horizons.
« C'est une région du monde en train d'exploser »
Est-ce l'unique raison de votre départ ? Certains murmurent que le président de la République aurait fait pression sur Maurice Lévy, PDG de Publicis, pour vous éloigner...
Je suis le dernier à pouvoir parler de ce sujet.
Quels sont vos projets désormais ?
Le cheikh de Dubaï a décidé de confier à une entité gouvernementale créée par décret le pilotage et la conception de grands événements sportifs, intellectuels et d'entertainment (loisirs). L'objectif est de garantir une qualité et une créativité exceptionnelles, et d'inspirer la jeunesse locale en stimulant des vocations. Je vais donc, entre autres choses, diriger cette entité.
Pourquoi cet intérêt pour Dubaï ?
Il me semble que c'est une région du monde qui est véritablement en train d'exploser, d'écrire le futur, avec une vraie vision en matière de développement. Dans tous les domaines, les arts, la culture, la politique, une véritable ambition est en train de se mettre en oeuvre. La politique, l'économie, la santé... De plus en plus d'acteurs de l'économie mondiale se retrouvent à Dubaï. Et un pays qui commande 50-Airbus A-380 est fatalement en pleine croissance ! Aujourd'hui, quand vous avez de l'ambition, vous avez envie de faire partie de ce monde-là.
Vous coupez donc complètement les ponts avec votre vie précédente ?
C'est une suite logique, et je suis quelqu'un de fidèle donc je ne coupe pas les ponts avec mes amis, mes clients historiques à qui je dois beaucoup, et des projets dont je suis à l'origine comme la Conférence des Prix Nobel à Pétra, en Jordanie. D'où une collaboration avec PublicisLive, mais dans un cadre différent.
Où allez-vous vivre ?
Mes activités m'appellent à New York, Paris et Dubaï...
Concrètement, quel est votre premier projet pour Dubaï ?
Ils seront bientôt dévoilés sur le plan international car d'envergure mondiale. Parmi ces projets, une nouvelle forme du célèbre tournoi de golf, le Dubai Classic Desert, une compétition mondiale de sports extrêmes, la production de shows permanents conçus par un géant créatif qui oeuvre à Las Vegas. On peut aussi évoquer les discussions avec le Metropolitan Opera de New York dans l'optique de l'ouverture du prochain Opéra de Dubaï, et la construction du centre de conférences internationales le plus moderne au monde.
Que fera votre épouse, Cécilia ?
Mon épouse m'inspire et m'aide à mettre en oeuvre certains projets, tout en ayant les siens dans les domaines culturel, social et humanitaire notamment.
Lesquels exactement ?
Elle vous le dira en temps voulu.