Sur les cinq cents avis rendus du 1er juillet 1995 au 31 décembre 1996 concernant le parquet seuls quinze sont négatifs.
Le journal officiel du dimanche 1er juin 1997, jour du deuxième tour des législatives, a publié le décret de nomination par M. Jacques Toubon de M. Alain Legoux, ancien membre du cabinet de M. Albin Chalandon et ancien chargé de mission à la Mairie de Paris, au poste d'Inspecteur général adjoint des services judiciaires, cette promotion ayant fait l'objet le 23 mai d'un avis négatif du CSM.
En décembre 1998 la ministre de la Justice, Mme Elisabeth Guigou, a saisi le CSM de l'affaire Terrail. M. Alain Terrail, avocat général à la Cour de cassation, et président honoraire de l'Association professionnelle des magistrats, considérée comme étant une organisation corporatiste de droite, a publié dans la revue de l'association un article consacré au magistrat Albert Lévy, mis en examen à Toulon pour violation du secret de l'instruction. L'avocat général Terrail conclut son article par la formule :"Tant va Lévy au four, qu'à la fin il se brûle". Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour antisémitisme, suivie d'une information judiciaire.
Le 17 mars 1999 le CSM a rendu un avis proposant la mise à la retraite d'office de M. Alain Terrail au motif que "le rapprochement du patronyme du magistrat ainsi mis en cause du substantif "four" ne peut qu'évoquer le génocide dont furent victime les populations juives sous le régime nazi".
De juin 1998 à août 1999 le CSM a donné 27 avis défavorables sur 1139 nominations de magistrats du siège et 15 avis défavorables sur 452 nominations de magistrats du parquet.
La ministre de la Justice, Mme Elisabeth Guigou, a respecté tous les avis, même négatifs, mais a protesté à propos de l'avis négatif donné à sa proposition de nommer M. Roland Kessous, magistrat socialiste, l'un des fondateurs du Syndicat de la magistrature (socialiste), au poste de premier avocat général à la Cour de cassation.