Le colonel d'infanterie breveté Charles De Gaulle est nommé, avec six autres colonels, général de brigade à titre temporaire fin mai 1940.
Cette promotion est annulée le 22 juin et le colonel De Gaulle est mis à la retraite d'office et traduit en cour martial pour désertion, refus de regagner son poste, appel séditieux fait à partir d'un territoire étranger aux officiers et soldats français (appel du 18 juin à la radio de Londres et les jours suivants).
Le colonel De Gaulle est condamné à mort par contumace par le Tribunal militaire de Clermont-Ferrand le 2 août 1940.
Egalement séditieux les généraux Raoul Salan, Maurice Challe, André Zeller, Edmond Jouhaud, auteurs du putsch dit des généraux, du 23 avril à fin mai 1961, et dirigeants de l'OAS, l'organisation de l'armée secrète, qui entend maintenir par la force l'Algérie française, seront condamnés à mort (Jouhaud, gracié) ou à la détention criminelle à perpétuité (Salan) par les tribunaux spéciaux du général De Gaulle.
Selon le philosophe grec Aristote (384-322) une personnalité exceptionnelle, dans des circonstances exceptionnelles, peut ne pas respecter la loi, dans l'intérêt général de la Cité : "Un être de cette espèce devrait être regardé comme un dieu parmi les hommes ... Il n'y a point de loi qui lui convienne ; il est à lui seul sa propre loi." (in Politique).
Ce point de vue n'est pas un point de vue de juriste positivement pur (sur la théorie du droit pur, voir Hans Kelsen).