Statut des Juifs : 184 note sur "que le gouvernement lui soumet"

Un certain nombre de lois contraires aux principes républicains libéraux et à l’indépendance théorique de la magistrature sont promulguées, notamment les lois portant statut des Juifs (3 oct. 1940, 2 juin 1941) et les lois sur l’accès aux emplois dans les administrations publiques (17 juillet 1940, 14 août 1940).

Les victimes de l'épuration nationale du maréchal Philippe Pétain sont les magistrats naturalisés, les francs-maçons, les Juifs, auxquels il faut ajouter les magistrats de gauche qui sont considérés par Vichy comme étant "anti-nationaux".

Les magistrats naturalisés sont écartés par la loi du 17 juillet 1940, concernant l'accès aux emplois dans les administrations publiques, qui réserve la fonction aux Français nés de père français. Les naturalisés sont immédiatement réputés démissionnaires (art.2) ...

Les francs-maçons sont touchés par la loi du 11 août 1941 qui interdit aux anciens dignitaires toute fonction ou emploi publics. Le Journal officiel publie les listes de ceux qui sont déclarés démissionnaires d'office (art.3).
Les loges maçonniques, celle du Grand Orient de France étaient au nombre de 370 en 1939, sont démantelées. Reconstituées en 1944, les loges du GODF, alors au nombre de 175, se multiplieront par la suite pour atteindre le nombre de 1000 en l'an 2000 (in Alain Bauer, Que sais-je, n°3607).

Les Juifs sont visés par les statuts promulgués le 3 octobre 1940 et le 2 juin 1941, tandis qu'en Algérie le décret Crémieux qui accordait la nationalité française aux Juifs indigènes est abrogé par la loi du 7 octobre 1940. Les fonctionnaires Juifs doivent cessés leurs fonctions (art.7 1940 et 1941), 2910 fonctionnaires auraient été concernés par ces textes (Revue Le Banquet, deuxième semestre 1996).
(Selon Serge Klarsfeld, in Le calendrier de la persécution des Juifs en France, 73 000 Juifs, dont 24 500 Français, meurent en déportation et 3 000 sont exécutés comme otages ou résistants, pour une communauté de 330 000 membres - dont 190 000 étrangers, pour 30 millions d'habitants ; 650 000 en 2010 pour 65 millions d'habitants).

Plus généralement la loi du 17 juillet 1940, concernant les magistrats et les fonctionnaires et agents civils ou militaires de l'Etat relevés de leurs fonctions, prévoit que le ministre compétent peut relever de leurs fonctions par décret les personnes susvisées, qui pourront être remplacées définitivement. La loi sera utilisée, notamment, contre des magistrats de gauche.

Les lois d'épuration de Vichy ont permis de sanctionner 209 magistrats, dont 41 ont été réintégrés avant la Libération, sur les 3420 magistrats de France et d'Afrique du Nord (soit 4,91% d'épurés), et 85 juges de paix.

Selon les historiens juifs, Français ou Israéliens, et notamment M. Zeev Sternhell (Maurice Barrès et le nationalisme français, Paris 1972 ; La Droite révolutionnaire, Paris 1978 ; Ni droite, ni gauche, Paris 1983 ; les trois ouvrages étant republiés dans La France entre nationalisme et fascisme, Fayard, Paris 2000) la France aurait été "le véritable laboratoire idéologique du fascisme en tant que phénomène européen".
Ce point de vue est considéré comme étant excessif, sinon erronée, par les historiens, notamment catholiques, qui pensent que le fascisme de Mussolini ne saurait être comparé aux systèmes conservateurs traditionnels comme ceux du général Francisco Franco (1892-1975) en Espagne, du professeur Antonio de Oliveira Salazar (1889-1970) au Portugal, ou du maréchal Philippe Pétain (1856-1961) en France, même si ces systèmes peuvent être antisémites, comme celui du maréchal Pétain.

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Sous le régime de Vichy la communauté catholique traditionnelle essaye de revenir au pouvoir politique, pouvoir politique qu'elle a perdu au début de la IIIème République lorsque les partis de la gauche libérale, soutenus par les protestants, les juifs, les athés, laïcs et/ou francs-maçons, financés par les banques protestantes et juives, qui ont prospérées sous le Second Empire de Louis-Napoléon Bonaparte, gagnent les élections législatives, et marginalisent les monarchistes incapables de s'entendre entre eux, les orléanistes étant dans le camp libéral.
Les catholiques traditionnels reprochent aux membres de la communauté juive, essentiellement ashkenaze, d'avoir profité des principes républicains (laïcité, égalité ...) pour s'implanter solidement dans la haute fonction publique et les professions libérales (médecins, avocats), en plus de la banque.

Après la deuxième guerre mondiale le retour des askenazes immigrés à Londres ou à New York permettra à la communauté de s'investir dans les médias et de reprendre sa place dans les groupes sociaux dirigeants. Après l'indépendance de l'Algérie, en 1962, et le "rapatriement" de 300.000 sépharades le renforcement de la communauté juive de France permettra à celle-ci de jouer un rôle éminent pendant le double septennat de François Mitterrand, et de poursuivre une politique idéologique et culturelle fondamentalement favorable à l'Etat d'Israël.
Cette politique sera contestée de plus en plus, au début du troisième millénaire, par des groupes de pression (socialistes, altermondialistes ...) pro-palestiniens, et par certaines communautés qui s'estiment défavorisées par rapport à la communauté juive (musulmans, noirs, catholiques traditionnels ...).

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